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JORDANIE

Des milliers de manifestants à Amman à l'appel des Frères musulmans

Texte par : Dépêche
3 min

Pour la troisième fois depuis la mi-janvier, Amman a été le théâtre de manifestations. Sympathisants islamistes, militants de gauche et syndicalistes se sont réunis pour protester contre la vie chère, demandant le départ du gouvernement.

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AFP - Au moins 3.000 personnes ont manifesté vendredi à Amman à l'appel des Frères musulmans pour protester contre la vie chère et la politique économique, réclamant un changement de gouvernement et des réformes, avec l'Egypte et la Tunisie en toile de fond.

Contrairement à la Tunisie et l'Egypte, où les manifestations contre le régime ont fait ces dernières semaines plusieurs morts, le mouvement de protestation en Jordanie n'a pas été marqué pour le moment par des heurts avec les forces de l'ordre.

Brandissant des drapeaux jordaniens et de leurs partis, les manifestants répondaient à l'appel des Frères musulmans, principale force d'opposition du pays, et de sa branche politique, le Front de l'action islamique (FAI), à manifester "contre la vie chère et pour des réformes politiques".

Les manifestants critiquent un "gouvernement d'aristocrates"

Depuis plusieurs jours, le roi Abdallah II multiplie les initiatives pour tenter d'apaiser la grogne populaire.

Outre des rencontres avec des personnalités de tous les bords, il a appelé le Parlement à accélérer les réformes politiques et socio-économiques et relancer la confiance du peuple dans les institutions, et il a effectué des visites discrètes dans les zones les plus démunies du royaume, selon son entourage.

Mais cela n'a pas dissuadé les islamistes de poursuivre l'organisation de manifestations, notamment celle de vendredi à laquelle participaient des partis politiques de gauche et des syndicats professionnels, sous l'oeil d'un important dispositif policier.

"A bas le gouvernement Rifaï" (le Premier ministre Samir Rifaï, ndlr), "Nous voulons un gouvernement de salut national", "Ensemble pour des réformes politiques et économiques", pouvait-on lire sur les banderoles.

"Nous voulons un gouvernement représentatif qui comprenne notre situation et nous donne un sentiment de sécurité. Nous ne voulons pas d'un gouvernement d'aristocrates, formé de riches et d'hommes d'affaires", a déclaré devant les manifestants le responsable des Frères musulmans, Hammam Saïd.

Aucun incident n'a été enregistré lors de la manifestation qui s'est achevée vers 12H15 GMT.

Troisième journée de mobilisation depuis la mi-janvier

Comme lors de la précédente manifestation vendredi dernier, la police a voulu donner une image pacifique en distribuant de l'eau et des jus de fruits aux manifestants.

Des rassemblements ont eu lieu également à Irbid (nord), Karak, Ma'an et Diban (sud), où près 2.000 personnes selon la police ont également protesté dans le calme.

Le FAI avait réclamé la semaine dernière un "amendement à la constitution" pour limiter les pouvoirs du roi.

"Nous demandons que le chef de la majorité au Parlement devienne de facto Premier ministre, ou que le chef de l'exécutif soit élu directement par le peuple", avait affirmé à l'AFP Zaki ben Rsheid, membre exécutif du FAI.

La Constitution jordanienne, adoptée en 1952, donne au roi la prérogative exclusive de nommer ou limoger le Premier ministre.

Le gouvernement a annoncé en janvier le déblocage de près de 500 millions de dollars pour augmenter les salaires des fonctionnaires et des retraités, favoriser la création d'emplois et faire baisser les prix.

Il s'agit de la troisième journée de manifestations dans le royaume depuis la mi-janvier, lorsque le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a dû quitter le pouvoir sous la pression de la rue.

Outre la Tunisie, l'Egypte surtout, où des dizaines de milliers de manifestants réclamant la chute du président Hosni Moubarak sont descendus vendredi dans la rue, était présente dans les têtes et sur les banderoles.

"Hosni Moubarak, l'avion t'attend", "Salutations au peuple égyptien, toute la nation s'inspire de vous", "Ben Ali, Hosni Moubarak va te rejoindre", pouvait-on y lire notamment.

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