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HAÏTI

L'ancien président Aristide n'est plus persona non grata à Port-au-Prince

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : Antoine MARIOTTI
3 min

Le gouvernement haïtien a émis un passeport diplomatique au nom de l'ancien président, chassé en 2004. Jean-Bertrand Aristide pourra donc rentrer au pays, où il jouit toujours d'une grande popularité dans les milieux défavorisés.

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AFP - Le gouvernement haïtien a émis lundi un passeport diplomatique pour l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, offrant à ce dernier la possibilité de rentrer dans le pays dont il a été chassé par une insurrection armée en 2004, a indiqué à l'AFP un responsable haïtien.

"Le passeport a été émis lundi. Toutes les formalités ont été accomplies", a précisé ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Le passeport doit être remis à un des avocats de M. Aristide, Ira Kurzban. Ce dernier, basé à Miami, n'était pas en mesure de confirmer ces informations.

"S'ils ont émis un passeport, ils ne me l'ont pas dit", a déclaré l'avocat à l'AFP. Interrogé sur les chances d'un retour rapide de l'ancien président à Port-au-Prince, Me Kurzban a répondu: "Je pense qu'on s'en rapproche, mais nous n'y sommes pas encore".

L'avocat, qui se trouvait récemment à Port-au-Prince, prévoit de regagner la capitale haïtienne dans les prochains jours, mais il n'a pas voulu dire à quelle date.

Le gouvernement haïtien avait annoncé la semaine dernière qu'il était prêt à remettre un passeport à l'ancien président si ce dernier en faisait la demande.

Dans un communiqué diffusé mi-janvier, M. Aristide, installé en Afrique du Sud, avait expliqué vouloir rentrer au pays pour des raisons médicales et aussi "pour contribuer à servir mes frères et soeurs haïtiens en tant que simple citoyen dans le domaine de l'éducation".

Si son retour se confirme, M. Aristide, toujours très populaire dans les milieux défavorisés, serait le deuxième ex-président à regagner Haïti après Jean-Claude Duvalier. L'ancien dictateur "Baby Doc" a regagné Port-au-Prince le 16 janvier après 25 ans d'exil en France, alors que le pays traversait une crise électorale consécutive au premier tour contesté de l'élection présidentielle du 28 novembre.

Le président sortant, René Préval, aurait initialement dû passer la main ce lundi 7 février, mais son mandat se prolonge dans l'attente du deuxième tour du scrutin présidentiel, prévu le 20 mars. La consultation opposera Mirlande Manigat, une intellectuelle âgée de 70 ans, au chanteur Michel Martelly, 49 ans.

Le Conseil électoral a interverti la semaine dernière les résultats du premier tour, excluant de la course le candidat de M. Préval, Jude Célestin.

Jean-Bertrand Aristide, 57 ans, ancien opposant à la dictature duvaliériste (1957-86) et prêtre partisan de la "théologie de la libération", a été élu une première fois à la tête du pays en 1990, avant d'être chassé du pays huit mois plus tard par un coup d'Etat militaire.

Revenu à la tête de l'Etat en octobre 1994, grâce à une intervention militaire des Etats-Unis, il termine son mandat en 1996, laissant le pouvoir à son dauphin, l'actuel président René Préval.

L'ancien prêtre des bidonvilles, relevé de ses voeux par une dispense vaticane pour pouvoir se marier, est réélu en novembre 2000. Mais il est contraint à l'exil en février 2004, sous la menace d'une insurrection armée conjuguée à des pressions internationales, notamment des Etats-Unis et de la France, qui lui reprochent son incompétence.

 

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