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CINÉMA

La 61e Berlinale ouvre ses portes en l'absence du cinéaste iranien Jafar Panahi

Texte par : Dépêche
3 min

Le 61e festival international de cinéma de Berlin s'est ouvert ce jeudi avec le dernier film des frères Coen, en lice pour l'Ours d'Or. Assigné à résidence en Iran, le cinéaste Jafar Panahi manque à l'appel du jury.

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AFP - Berlin, qui fêtait jeudi l'ouverture de la 61ème Berlinale avec le dernier film des frères Coen, a gardé une chaise vide pour Jafar Panahi, membre du jury, en espérant que le cinéaste iranien pourra la rejoindre d'ici au 20 février.

Après la projection hors-compétition jeudi soir du western des frères Ethel et Joel Coen, "True Grit", qui inaugure ainsi sa carrière européenne, seize films au total concourront à partir de vendredi pour l'Ours d'Or.

La récompense suprême de ce festival international sera décernée le 19 février par un jury majoritairement féminin, sous présidence de l'actrice Isabella Rossellini qui a exprimé son espoir de voir Panahi le rejoindre.

"Nous espérons encore qu'il sera en mesure de venir. Nous n'avons pas abandonné", a-t-elle assuré jeudi devant la presse, une chaise vide à ses côtés sur l'estrade.

Pour la troisième fois depuis le Festival de Cannes en mai dernier et la Mostra de Venise en septembre, Jafar Panahi manque à l'appel: le cinéaste a été condamné à six ans de prison et 20 ans d'interdiction de tourner pour avoir filmé des manifestants hostiles au régime en 2009. Il a fait appel de ces condamnations et se trouve actuellement assigné à résidence à Téhéran.

Membre du jury, la star de Bollywood (Inde) Amir Khan, qui a bien connu Panahi lors du festival de Locarno en 2002, a évoqué à son sujet "un homme merveilleux et un magnifique ambassadeur de la culture perse et de son pays" et appelé "à réagir contre la censure, cette histoire sans fin, chaque fois que nous le pouvons".

En attendant, la Berlinale s'apprêtait à frémir avec "True Grit", sombre western des frères Ethel et Joel Coen fidèlement adapté du roman de Charles Portis - la vengeance d'un père par sa toute jeune fille -, déjà porté à l'écran par Henry Hathaway en 1969 sous le titre "Cent dollars pour un shérif".

Le film, après avoir récolté beaucoup d'argent aux Etats-Unis, totalise dix nominations aux Oscar, dont meilleur film, meilleure réalisation et meilleur acteur pour Jeff Bridges qui l'acteur reprend ici le rôle de John Wayne. Or, c'est déjà pour ce rôle que ce dernier avait décroché le seul Oscar de sa carrière.

En escale à Paris à la veille de la Berlinale, Joel Coen confiait n'avoir "pas revu la version (d'Hathaway) depuis 1969": "Et si quelqu'un, dans 40 ans, s'intéressait à ce roman pour en tirer un film, en aucun cas il ne devrait prendre le nôtre en considération".

Quant aux récompenses, "elles sont surtout bonnes parce qu'elles font venir le public. Mais on sait que ce ne sont pas toujours les meilleurs films qui les reçoivent", a-t-il jugé.

Vendredi, outre une journée spéciale Panahi, avec la projection de ses oeuvres, le festival rentrera dans le vif de la compétition avec "Margin Call" de JC Chandor (Royaume-Uni), avec Demi Moore, Kevin Spacey et Jeremy Irons confrontés au désastre dans une banque d'investissement new yorkaise à la veille de la crise de 2008.

La programmation de la Berlinale s'attachera au cours de ces dix jours à d'autres graves sujets de l'époque: corruption, intégration et migration.

Et proposera aussi les premiers documentaires en 3D de deux grands noms du cinéma allemand: "Pina" que Wim Wenders consacre à sa compatriote la chorégraphe allemande Pina Bausch et "Cave of forgotten dreams" (La Grotte des rêves oubliés), de Werner Herzog, exploration extra-temporelle de la Grotte de Chauvet dans le sud de la France et de ses peintures rupestres vieilles de plus de 30.000 ans.

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