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EUROPE

"Le problème de l'agence Frontex, c’est son absence de discernement"

Texte par Yann BUXEDA

Dernière modification : 14/02/2011

L’UE dispose d'un outil de gestion des flux migratoires : la Frontex. Devant l'ampleur des migrations de Tunisiens vers l’Italie ces derniers jours, Claire Rodier, présidente du réseau européen Migreurop, évoque les limites de cette agence.

FRANCE 24 : En cinq jours, l’Italie a fait face à l’arrivée de 5 000 migrants tunisiens sur l'île de Lampedusa. Rome a demandé l’aide de l’Union européenne qui envisage de faire appel à l’agence Frontex. Cette solution est-elle adaptée ?

Frontex en bref

L’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne (Frontex) a été créée en 2004. Elle est opérationnelle depuis octobre 2005. L'Agence a pour objet le contrôle et la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne (UE) ainsi que l’harmonisation des dispositifs de contrôle des flux migratoires sur le territoire européen.

Frontex a vu son influence progressivement renforcée jusqu’en avril 2007 avec la mise en place d’Équipes d’intervention rapide aux frontières (Rabit). L’agence possède un important contingent, actuellement positionné en Grèce, principal point d’entrée des clandestins dans l'Union.

Les États membres de l’UE restent néanmoins responsables de la gestion de leurs frontières, mais peuvent requérir l’appui de l’agence sur les opérations qui nécessitent une logistique renforcée.

Depuis 2007, Frontex et plusieurs États membres de l'UE, parmi lesquels la France et l’Italie, organisent des patrouilles mixtes avec d'autres pays riverains de la Méditerranée.

Claire Rodier : L’emploi des services de l’agence Frontex n’est pas pertinent dans la mesure où l’Union européenne s’arroge le droit d’empêcher des personnes de partir de leur pays. Ce n'est pas conforme aux engagements de l'UE. Et c’est un problème qui n’est pas isolé. Par le passé, l’agence a déjà refoulé de nombreux migrants, parmi lesquels notamment des Sénégalais ou des Mauritaniens.

Concrètement, en quoi le recours aux services de l'agence Frontex peut-il être critiqué ?

C. R. :
Le problème de la Frontex, c’est son absence de discernement dans ses modalités de contrôle. La Frontex intervient parfois dans des eaux territoriales qui ne relèvent pas de l’UE mais d’un pays tiers. Récemment, des bateaux de migrants libyens ont par exemple été refoulés par des patrouilles de la Frontex et remises à des patrouilles mixtes au sein desquelles opéraient les autorités libyennes, qui ont donc récupéré les fugitifs.

Sauf que l’Union européenne est engagée par des conventions de respect des droits fondamentaux qui l’obligent notamment à évaluer chaque demande d’asile des immigrants qui se présentent à ses frontières. Par ailleurs, le mode opératoire de la Frontex en mer est contraire au principe de non-refoulement de la Convention internationale des réfugiés. Il y a dans ces bateaux des personnes qui ont des raisons tout à fait valables de quitter leur pays.

Comment expliquer que, malgré le dispositif existant, 5 000 Tunisiens ont pu rejoindre l’Italie en l’espace de cinq jours ?

C. R. : L’action de la Frontex a pour conséquence de poser des verrous le long de la Méditerranée et de déplacer les routes migratoires vers l’est, notamment jusqu’à la frontière gréco-turque.

La brèche observée ces derniers jours dans ce dispositif de contrôle de la zone Méditerranée pourrait être due à un relâchement volontaire de la vigilance des autorités libyennes, qui collaborent étroitement avec l’Italie dans le domaine (signature du traité "d’amitié et de coopération" en juin 2009, NDLR). Et ce ne serait pas la première fois que Kadhafi ouvrirait les vannes des migrations clandestines pour influer sur le déroulement de tractations en cours avec l’Union européenne, notamment autour du dossier du renforcement de la frontière sud de la Libye.

REPORTAGE : EN MER AVEC LA FRONTEX

 

Première publication : 14/02/2011

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