Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE GROS MOT DE L'ÉCO

Cotisations sociales : la machine à redistribuer

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Guinée : Cellou Dalein Diallo chef de l'opposition est l'invité du Journal de l'Afrique

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Royaume-Uni - Brexit : Quelles issues pour Theresa May et le Royaume-Uni ?

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Paris des Arts de Yarol Poupaud

En savoir plus

#ActuElles

Des employées enceintes harcelées au Japon

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Projet d'accord sur le Brexit : Theresa May, une première ministre bien isolée

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

L'avenir incertain de la démocratie libérale

En savoir plus

VOUS ÊTES ICI

Dans le nord, sur la route de l’Art déco

En savoir plus

TECH 24

Audrey Tang, la hackeuse taïwanaise devenue ministre

En savoir plus

Afrique

La Jamahiriya libyenne à l'épreuve d'une "Journée de la colère"

Vidéo par Carlotta RANIERI

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/02/2011

Une journée de manifestation contre le régime de Mouammar Kadhafi est prévue, ce jeudi, en Libye. Des heurts ont déjà opposé des manifestants aux forces de l’ordre à Benghazi (est), bastion de l’opposition, dans la nuit de mardi à mercredi.

Suivez et commentez avec nous l'évolution des évènements dans le monde arabe sur le liveblogging de France24.com.

 

Un appel à une "journée de la colère", ce jeudi, en Libye a été lancé via le réseau social Facebook. Le groupe dédié à l’organisation de ce rassemblement comptait plus de 17 000 membres mercredi soir. Cet appel à un soulèvement populaire contre le régime de Mouammar Kadhafi pourrait réunir plusieurs milliers de personnes à travers le pays.

La nuit de mardi à mercredi a été particulièrement agitée à Benghazi, la deuxième ville de Libye, où plusieurs centaines de personnes ont affronté les forces de police et des partisans du gouvernement à coups de pierres et de bombes incendiaires.

Les seules images de ces heurts dont on dispose sont celles postées par un vidéaste amateur sur le site YouTube, dans laquelle on peut voir des manifestants agiter des banderoles et entonner des slogans anti-gouvernementaux.

Trente-huit personnes ont été légèrement blessées, selon le directeur de l'hôpital Al-Jala de Benghazi. Quelques véhicules ont également été incendiés, rapportent les médias locaux.

D'après plusieurs témoignages, les forces de sécurité auraient utilisé des canons à eau et des véhicules lancés à vive allure en direction de la foule pour disperser les manifestants. Ces témoignages restent cependant difficiles à confirmer, en raison de la présence limitée de médias étrangers au sein du territoire libyen depuis le coup d’État du colonel Mouammar Kadhafi en 1969.

Une autre vidéo postée ce mercredi matin sur YouTube montre un regroupement de manifestants à proximité d’un poste de police de la ville de Benghazi, dans l'est du pays. Plusieurs coups de feu sont tirés, provoquant un mouvement de panique au sein de la foule.

Selon les autorités libyennes, le calme est revenu dans la matinée de mercredi. La télévision d’État libyenne a néanmoins répondu aux évènements de la nuit passée en diffusant des images de manifestations de soutien au régime dans la capitale, Tripoli, et plusieurs autres villes du pays.

Un embrasement spontané qui se propage à d'autres villes

Mouammar Kadhafi dirige la Libye d’une main de fer depuis le coup d'État du 1er septembre 1969 guidé par une doctrine mélangeant socialisme, panarabisme et laïcité.

Selon Abdullah Darrat, porte-parole du site libyen d’opposition Khalas !, interviewé par FRANCE 24, cet embrasement spontané aurait eu pour origine l’arrestation de l’avocat libyen et militant des droits de l’Homme Fethi Tarbel.

"Les émeutes, qui se sont déclenchées après la requête de libération de Fethi Tarbel, se sont rapidement muées en mouvement anti-Kadhafi. Il semblerait que ce mouvement de Benghazi se soit propagé à d’autres villes", explique-t-il.

L’avocat, arrêté "pour avoir répandu une rumeur selon laquelle la prison était en feu", selon le journal libyen "Quryna", est le porte-voix des familles des prisonniers tués dans des circonstances encore floues en 1996 dans la prison d’Abou Slim, à Tripoli. Selon Human Rights Watch, au moins 1 200 personnes, pour la plupart originaires de Benghazi, ont péri au cours de cette fusillade.

À en croire "Quryna", les manifestants auraient obtenu la libération de Tarbel dans la matinée. Selon l’agence Reuters, qui cite un défenseur des droits de l’Homme, 110 militants du groupe Libyan Islamic Fighting devraient être libérés d’Abou Slim où ils sont actuellement détenus. Une décision qui pourrait être directement liée aux événements de cette nuit.

Épiphénomène ou événement déclencheur ?

Benghazi, Libye

La ville de Benghazi, qui se trouve à un millier de kilomètres à l’est de Tripoli, est un bastion traditionnellement anti-Kadhafi. La ville, qui n’a pas profité d'un développement économique comparable aux autres grands pôles du pays, abrite de nombreux opposants au régime.

En entretien sur FRANCE 24, Hasni Abidi, du Centre d’études sur le monde arabe de Genève, en Suisse, estime que "Kadhafi n’est pas menacé à court terme, mais la situation est devenue très difficile pour lui […] Malgré toutes les démarches entreprises par le colonel […], les jeunes mais aussi des familles du massacre d’Abou Slim se sont mobilisés avant même la journée importante du 17 février."

Pour Hasni Abidi, la véritable question est de savoir si la fronde de Benghazi est en mesure de "contaminer une autre ville importante comme Tripoli". Un scénario d’autant plus difficile à imaginer que "la répression a été très dure cette nuit" et que le régime "n’hésite pas à tirer sur la foule, à emprisonner et même à torturer".

À voir les manifestants, qui ont scandé durant plusieurs heures de nombreux slogans, parmi lesquels "Le peuple veut faire tomber la corruption", Hasni Abidi considère malgré tout "que le mouvement est lancé".

 

Première publication : 16/02/2011

  • MOYEN-ORIENT

    Les Occidentaux prônent une démocratisation "ordonnée" du monde arabe

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)