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À Benghazi, la police disperse un rassemblement contre le pouvoir

Une manifestation contre le pouvoir libyen a été dispersée par la force, dans la nuit de mardi à mercredi, à Benghazi, ville réputée frondeuse. Peu après, des centaines de partisans du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, ont défilé dans tout le pays.

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REUTERS - Des émeutes ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi dans la ville libyenne de Benghazi où plusieurs centaines de personnes ont affronté des policiers soutenus par des partisans pro-gouvernementaux, rapportent des témoins et des médias locaux.

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La télévision publique libyenne fait état pour sa part de rassemblements de soutien au dirigeant libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, dans différentes villes du pays. La chaîne a diffusé des images d’une manifestation pro-Kadhafi dans les rues de Tripoli.

A Benghazi, ville côtière de l’Est libyen, l’arrestation d’un militant des droits de l’homme a servi de déclencheur aux violences.

Selon l’édition en ligne du quotidien local Kourina, les émeutiers réclamant sa libération étaient armés de bombes incendiaires et ont jeté des pierres en direction des forces de l’ordre. Plusieurs véhicules ont été incendiés.

Le journal précise que le calme est revenu dans la ville, et que les partisans de l’opposition ont repris aux premières heures de la journée la place Chajara, où les émeutiers s’étaient regroupés dans la nuit.

Le bilan avancé par le quotidien libyen est de 14 blessés, dont dix policiers. Aucun ne serait dans un état grave.

D’après un habitant de la ville, 500 à 600 personnes ont manifesté leur colère. “Ils sont allés au comité révolutionnaire (ndlr, cellule de base du pouvoir) dans le quartier de Sabri puis ont tenté de se rendre au comité révolutionnaire central”, a-t-il raconté. “Le calme est revenu maintenant”, a-t-il confirmé.

Benghazi, Libye

Benghazi, une ville particulière

Il est impossible à ce stade de prédire les conséquences de ces événements, même si les exemples en Tunisie et en Egypte, deux pays voisins de la Libye, ont incité des opposants libyens en exil à tenter de mobiliser, utilisant notamment les réseaux sociaux.

Le gouvernement libyen a adopté pour sa part une série de mesures visant notamment à réduire les prix des produits de première nécessité.

Le régime de Tripoli s’apprêterait en outre à libérer 110 militants incarcérés du Groupe islamique libyen de combat, une organisation interdite par les autorités. Selon Mohamed Ternich, président de l’Association libyenne des droits de l’homme, ce sont les derniers membres de cette organisation toujours détenus à la prison Abou Salim de Tripoli.

Fethi Tarbel, le militant dont l’arrestation a déclenché les émeutes de Benghazi, a travaillé avec les familles des détenus de la prison d’Abou Salim, où le pouvoir incarcère opposants et islamistes.

La plupart des analystes s’accordent à penser qu’un scénario à l’égyptienne ou à la tunisienne est peu probable dans la Jamahiriya libyenne, qui dispose d’importantes ressources financières susceptibles d’être utilisées pour calmer les esprits.

Monde arabe : les raisons de la révolte

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En outre, la société libyenne est structurée sur un système de liens tribaux et familiaux. Dans ce cadre, s’il devait y avoir contestation du régime de Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, elle se développerait plutôt en coulisse que dans les rues.

La ville de Benghazi, située à un millier de kilomètres à l’est de Tripoli, occupe une place particulière dans l’histoire libyenne. Nombre des opposants à Kadhafi en sont originaires et la ville a été écartée des principaux projets de développement économique, renforçant son particularisme.

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