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Le sultanat d'Oman, d'habitude si paisible, se révolte à son tour

Le sultanat d'Oman, pétro-monarchie du Golfe située à la pointe du détroit d'Ormuz, connaît à son tour un cycle de protestation. Malgré les mesures prises par le pouvoir, le pays a basculé dans la violence au point d'inquiéter son allié américain.

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En proie à des protestations sociales pacifiques depuis mi-janvier, le sultanat d’Oman a basculé dans la violence cette semaine. La dispersion d'une manifestation de chômeurs dimanche par la police a provoqué la mort d'une personne. 20 personnes ont également été blessées, selon le ministre de la Santé. Mais ce sont six morts qu'il faut déplorer au terme de ces manifestations selon un médecin cité par l’AFP.

Ce mardi, des blindés ont dispersé sans violence des manifestants qui bloquaient le port de la ville de Sohar et une route conduisant à la capitale Mascate. Plusieurs petites manifestations ont également eu lieu dans d'autres villes du pays peuplé de trois millions de personnes, dont 20% d'étrangers.

Les principales revendications des manifestants sont d’ordre social. "Les manifestants réclament des emplois et des hausses de salaires et des prestations sociales. Car les emplois se font rares dans le pays, et les postes importants du secteur privé sont réservés aux étrangers expérimentés, au détriment des jeunes diplômés", explique à France24.com, le journaliste omanais Mouhamad Ben Ali Al Blouchi. S’ils réclament des poursuites judicaires contre des ministres qu'ils accusent de corruption, les manifestants affichent leur attachement au sultan Qabous, en brandissant des portraits du monarque absolu, au pouvoir depuis 1970.

Les Américains surveillent la situation de près

L’agitation dans cette monarchie pétrolière discrète et relativement prospère du Golfe, a de quoi surprendre. Elle est d'ailleurs passée presque inaperçue tant les regards sont tournés en ce moment vers la Libye du colonel Kadhafi. Il n’y a que les Etats-Unis pour suivre avec intérêt la situation de ce sultanat hautement stratégique. Et pour cause : partageant avec l’Iran le contrôle du détroit d’Ormuz, par où transite 40% du pétrole exporté par voie maritime dans le monde, le sultanat d’Oman est un allié incontournable des Américains dans la région.

Washington est d’autant plus attentif qu’au nord d’Oman, un soulèvement populaire secoue le Bahreïn, l'un des maillons les plus importants de la présence militaire américaine dans le Golfe. Jeudi, L'amiral Mike Mullen, chef d'état-major interarmées, et le général James Mattis, chargé des guerres en Irak et en Afghanistan, ont rencontré des responsables omanais dont l'identité n'est pas connue. Lundi, le département d'Etat américain a indiqué avoir encouragé le gouvernement d'Oman "à faire preuve de retenue et à trouver des solutions via le dialogue", pour satisfaire les revendications des manifestants.

Après avoir procédé à un remaniement ministériel en fin de semaine dernière, le sultan Qabous a annoncé une série de mesures, pour apaiser les tensions dans son pays, où les partis politiques sont interdits. Il a notamment ordonné le versement d'allocations mensuelles supplémentaires aux chômeurs, et la création de 50 000 emplois. En janvier, les autorités avaient fait passer le salaire minimum pour les Omanais travaillant dans le secteur privé de 364 dollars à 520 dollars par mois. En vain pour l’instant.

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