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La fuite des travailleurs immigrés égyptiens se poursuit au port de Zarzis

Le rapatriement des travailleurs égyptiens réfugiés sur le sol tunisien après avoir fui la Libye se poursuit, par voies maritime et aérienne. Récit en images d'une opération d'évacuation au port de Zarzis.

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, envoyée spéciale au port de Zarzis

La frégate militaire égyptienne "Le Nasser" est la troisième du genre à accoster le temps d’une journée dans le port tunisien de Zarzis, à 70 kilomètres de Ras Jdir, un poste-frontière d'où, depuis 13 jours, des milliers de travailleurs quittent la Libye pour se mettre en sécurité.

Après avoir débarqué 25 tonnes de vivres, les marins égyptiens du "Nasser" ont pris en charge 400 de leurs compatriotes, auxquels il faudra deux à trois jours de mer pour retrouver leur terre natale. Les passagers, qui attendent le départ, ont l’air sombre de ceux qui ne savent pas de quoi l'avenir sera fait. "Je rentre plus pauvre que quand je suis parti", résume Mohammed Abd al-Rabou al-Sayeh, de la province de Kana.

Les hommes, portant ballots ou cantines, racontent leur fuite face à l'hostilité des Libyens. Au lendemain des révolutions tunisienne et égyptienne, ces Égyptiens vivant en Libye ont été suspectés d’être des agitateurs et même, en écho au discours du "Guide" Mouammar Kadhafi du 24 février, "d’avoir distribué de la drogue aux résistants", comme le raconte Ahmed Hazou, originaire d’Al-Mansoura.

Les checkpoints militaires, une trentaine sur les 250 kilomètres qui séparent la capitale libyenne Tripoli du poste-frontière, ont rythmé leur fuite.

Chaque barrage fut prétexte à une fouille corporelle, à laquelle il a été impossible d'échapper. Ahmed Hazou a dû se défaire de ses 2 000 euros, ses trois téléphones et ses outils de céramiste pour éviter de se faire tabasser.

Au travers des paroles de ces hommes, la Libye, et ses pétrodollars, n’apparaît plus comme l’Eldorado qu’elle a longtemps été aux yeux de ces jeunes hommes, chassés de leur pays par le chômage et la pression démographique. Ni Mohammed, ni Ahmed n’y retourneront jamais, jurent-ils.

Les diplomates égyptiens présents sur le port de Zarzis, ce samedi, estimaient que sur le million et demi de travailleurs égyptiens vivant en Libye, quelque 500 000 ont déjà fui.12 000 seraient encore susceptibles de franchir la frontière dans les prochains jours si la situation en Libye se dégrade.

En plus des 400 évacués par "Le Nasser", 600 autres attendaient d'être transportés par avion pour rejoindre leurs familles. Tous les réfugiés égyptiens du camp de Choucha, situé à la frontière, auront alors quitté la Tunisie.

 

Récit d'une évacuation
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