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"On ne peut pas affirmer que le vote en 2012 sera un reflet des sondages"

Un sondage publié ce dimanche par le quotidien Le Parisien a placé Marine Le Pen, présidente du Front national, en tête du premier tour de la présidentielle de 2012. Réalisé sur Internet, ce sondage fait l'objet de nombreuses critiques.

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Dans un sondage publié dimanche 6 mars dans "Le Parisien-Aujourd’hui en France", l’Institut Harris Interactive place, pour la première fois, Marine Le Pen, la présidente du Front national (FN), en tête du premier tour de la présidentielle de 2012, avec 23 % des intentions de vote. Juste derrière, Nicolas Sarkozy et Martine Aubry récoltent tous les deux 21 % des intentions.

Tout autant que le résultat, la méthode utilisée pour réaliser ce sondage a suscité nombre de réactions chez les commentateurs et les dirigeants politiques. Tout d’abord parce que certains candidats socialistes potentiels, comme Dominique Strauss-Kahn et François Hollande, n’ont pas été pris en compte, mais aussi parce que l’enquête a été réalisée sur Internet et non par téléphone, comme c’est habituellement le cas.

Guillaume Main, consultant statistiques sur Statosphere.fr et ancien employé dans des instituts de sondages, revient sur les nouvelles techniques utilisées dans le cadre des enquêtes réalisées en ligne.

FRANCE 24 : Pourquoi les sondages réalisés sur Internet suscitent-ils tant de défiance ?

Guillaume Main : Ce qui est étonnant, c’est que toutes les critiques émises actuellement sur les sondages réalisées par Internet, se sont appliquées auparavant à ceux réalisées par téléphone. Les enquêtes d’opinion par téléphone, pratiquées en France depuis le début des années 1970, ont elles aussi été critiquées à leurs débuts dans la mesure où, à l'époque, tout le monde n’avait pas le téléphone. Autre argument avancé autrefois : les sondages se faisant en face à face, ce procédé pouvait biaiser la réponse, les sondés ne s’exprimant pas librement à visage découvert. Les enquêtes par voie postale ont aussi existé. Cela s’avérait cher mais surtout lent et donc pas adapté pour répondre à des questions d’actualité.

FRANCE 24 : D'ailleurs, entre 65% et 70% des Français ont accès à Internet. Ce sondage exclut donc ceux qui ne possèdent pas de connexion Internet ?

G. M. : Les plus de 60 ans sont statistiquement moins connectés que les plus jeunes, mais pour les sondages par Internet comme pour ceux par téléphone, on applique des quotas. L’échantillon n’est donc pas biaisé. Pour que le panel soit représentatif, on respecte les proportions établies par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques).

FRANCE 24 : Les résultats de ce sondage peuvent-il influencer le vote des électeurs ?

G. M. : Non, pas un an avant l’échéance. Par contre, les résultats de cette enquête vont jouer sur le débat politique dont les principaux combats peuvent être dictés par les sondages. Il faut prendre les chiffres comme des tendances.

Ce que l’on retient, c’est qu’il y a un trio de tête qui est resserré et que Marine Le Pen est en tête avec un pourcentage plus élevé. Seuls deux points séparent la présidente du Front national de ses poursuivants, cela représente seulement 32 personnes ! Ce sondage Harris Interactive semble cohérent, les résultats ne me choquent pas, d’un point de vue statistique. Mais on ne peut pas dire que ce sera le reflet du vote d’avril 2012.

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Voir aussi :

- Les résultats sur le site de Harris Interactive.

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