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MAROC

Après le discours du roi, le mouvement hésite sur la marche à suivre

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En annonçant mercredi d'importantes réformes démocratiques dans le royaume, le roi Mohammed VI a repris la main face aux manifestants. Surpris par une telle initiative, ces derniers hésitent désormais sur la marche à suivre.

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"Le roi doit régner et non gouverner. Le peuple veut une nouvelle Constitution." Les revendications des manifestants marocains qui ont défilé le 20 février dans les rues des principales villes du royaume - au cours desquelles six personnes ont trouvé la mort - semblent avoir été entendues par Mohammed VI. Mercredi, pour son deuxième discours à la nation depuis le début des manifestations, le roi du Maroc a annoncé sa volonté de procéder à "une révision constitutionnelle globale" et à la formation d’une commission chargée de préparer des propositions d'ici le mois de juin.

Ces propositions, qui seront soumises à "un référendum populaire" dont la date n'a pas encore été fixée, prévoient notamment de valoriser le poste de Premier ministre, d'instaurer la régionalisation et d'élargir les libertés individuelles. En concédant une partie du pouvoir exécutif au Premier ministre qui sera issu, selon la prochaine Constitution, du "parti politique arrivé en tête des élections parlementaires" et non plus désigné arbitrairement par le souverain, le monarque prend le parti de faire émerger une monarchie représentative. Dans un pays où le roi dispose de larges pouvoirs, dont celui de dissoudre le Parlement et de décréter l'état d'urgence, le Premier ministre, "en tant que chef d'un pouvoir exécutif effectif", sera "pleinement responsable du gouvernement, de l'administration publique (...) et de la mise en oeuvre du programme gouvernemental".

Maintenir la pression

Reste que si les réformes annoncées mercredi sont considérées comme "significatives" par les manifestants, elles ne leur ont pas donné entière satisfaction. Pris de court, certains préfèrent étudier le contenu des changements promis avant de se prononcer sur la suite des évènements. "Il faut maintenir la pression, car le roi n’a répondu que partiellement aux revendications des manifestants en faisant quelques concessions", explique Mustapha al-Jomri, membre du Mouvement du 20 février, sur Facebook. Soutenu par des militants de défense des droits de l'Homme, ce groupe est à l’origine des appels à manifester pour réclamer un État de droit. Une nouvelle journée nationale de manifestations est d’ailleurs prévue le 20 mars. "Le roi ne s’est pas prononcé sur les revendications sociales des manifestants, sur le sort des prisonniers politiques et sur la corruption", poursuit le jeune activiste.

Ce dernier reconnaît cependant que des désaccords sont apparus au sein du mouvement à la suite du discours royal. "Nous allons prendre quelques jours pour l'étudier et s’entendre sur la marche à suivre", concède-t-il. De son côté, Mounir Bensalah, blogueur et activiste, évoque également une blogosphère divisée "hésitant entre prudence et satisfaction". Il affirme avoir été agréablement surpris par la réactivité de Mohammed VI, qui "a répondu d’une manière assez claire aux doléances politiques".  Mais il reste toutefois prudent, attendant de voir si ces décisions seront réellement exécutées. "Le roi ayant démontré sa volonté de réformer, nous pouvons nous mobiliser sous d’autres formes, en organisant des débats par exemple", conclut-il. Selon lui, il n’est pas nécessaire de maintenir la manifestation du 20 mars.

De leur côté, certains hommes politiques marocains ont salué un discours "historique" et "audacieux". Saad Eddine Othmani, député et membre dirigeant du Parti de la justice et du développement (PJD, islamistes, opposition) estime ainsi que le roi a prononcé "un discours historique, un grand chantier dont les attentes sont importantes". L'Union socialiste des forces populaires (USFP), qui appartient à la coalition gouvernementale, s'est aussi félicitée de l'intervention du souverain chérifien. "C'est une révolution tranquille et un véritable projet de société pour le Maroc du XXIe siècle", a déclaré son premier secrétaire, Abdelouahed Radi, président de la première chambre du Parlement.
 

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