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AUTOMOBILE

La classe politique française souhaite connaître le fin mot de l'affaire Renault

Texte par : Dépêche
4 mn

Le PDG du groupe automobile français, Carlos Ghosn, a publiquement présenté, lundi, ses excuses aux trois cadres accusés à tort d'espionnage. Les responsables politiques estiment quant à eux que les responsables du scandale doivent être identifiés.

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REUTERS - Les excuses de Renault à ses cadres injustement accusés d'espionnage ne mettent pas un terme à l'affaire, disent mardi le gouvernement et l'opposition en maintenant la pression sur le groupe automobile français.

Pour le ministre de l'Industrie, Eric Besson, les vrais responsables restent à identifier.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, estime pour sa part que le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, devrait assumer les conséquences de son erreur d'appréciation.

Le porte-parole du gouvernement, François Baroin, est moins direct mais appelle lui aussi le constructeur à tirer les leçons d'une affaire embarrassante.

Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, a confirmé lundi que l'hypothèse de l'espionnage du profit d'une puissance étrangère sur le programme de véhicules électrique du Renault était désormais abandonnée au profit de la piste d'une escroquerie au renseignement au détriment du groupe.

Les dirigeants de Renault ont immédiatement fait amende honorable en présentant aux cadres incriminés leurs excuses et leurs "vifs regrets".

Pour Eric Besson, c'est une première étape.

"Les excuses de Renault étaient indispensables", a-t-il dit sur RTL. "Pour le reste il y une enquête judiciaire qui se poursuit. Qui sont les vrais coupables et responsables, ni vous ni moi ne le savons en ce moment."

"Deuxièmement, il y a un audit interne qui a été diligenté et va permettre de connaître les responsabilités exactes dans l'entreprise", a ajouté le ministre de l'Industrie.

Pas de démission

Carlos Ghosn a présenté plusieurs mesures pour tenter de restaurer l'image du groupe.

Le patron le mieux payé des entreprises du CAC 40 en 2009 avec plus de neuf millions d'euros annuels entend renoncer à la part variable de son salaire de 2010 et à ses stock-options pour 2011. Il veut aussi engager des procédures disciplinaires contre trois membres de la sécurité de Renault et réformer la gouvernance.

En revanche, il a dit avoir refusé la démission que lui avait proposée son numéro deux, Patrick Pélata.

Ces mesures, présentées lundi après-midi à un Conseil d'administration exceptionnel, ont été votées à l'unanimité des 19 membres du Conseil, qui compte notamment trois administrateurs élus par les salariés et deux administrateurs représentant l'État, l'un des deux principaux actionnaires de Renault avec 15,01% du capital contre 15% pour le partenaire japonais Nissan.

Eric Besson en prend acte mais veut connaître le fin mot de l'histoire.

"Ce qu'a dit Carlos Ghosn, c'était très important, c'est une étape indispensable, et il y a bien fait également de renoncer à une partie de sa rémunération, mais ce n'est pas la fin de cette histoire," a-t-il dit.

Martine Aubry estime pour sa part que des conséquences sur le plan personnel sont indispensables.

"Quand un salarié fait une faute dans une entreprise, il n'a pas à s'excuser, il est dehors", a dit la dirigeante socialiste sur France Info. "Carlos Ghosn devrait tirer un peu plus de conséquences".

 

"Barbouzes de 3e division"

Le porte-parole du gouvernement a évoqué lui aussi la nécessité pour Renault de tirer les leçons de l'affaire.

"Chacun peut porter un jugement sur cette affaire-là", a dit François Baroin sur LCI.

"Il faudra tirer en tout cas, si ce n'est la démission - ce n'est pas le sujet aujourd'hui - toutes les conséquences de l'amateurisme invraisemblable et de l'indignité et de la charge contre des hommes qui sont aujourd'hui réhabilités au 20h00 de TF1", a-t-il ajouté.
"On ne pourra pas laisser ça sans suite. Je trouve anormal qu'une immense entreprise comme celle-ci ait basculé dans un amateurisme et une affaire de Bibi-Fricotin et de barbouzes de 3e division."

Les cadres licenciés, Bertrand Rochette, Matthieu Tenenbaum et Michel Balthazard, ont toujours protesté de leur innocence et ont porté plainte pour dénonciation calomnieuse ou diffamation.

Le principal suspect de l'escroquerie, Dominique Gevrey, un des responsables de la sécurité de Renault, a été mis en examen dimanche pour "escroquerie en bande organisée" et placé en détention.

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