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Place de la Perle, le pouvoir met à bas le symbole de la contestation

Après avoir fait évacuer la place de la Perle, les autorités ont fait raser le monument qui lui avait donné son nom, vendredi. Filmé par les télévisions du monde entier depuis un mois, il était devenu le symbole de la contestation du régime.

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AFP - Le pouvoir à Bahreïn a rasé vendredi le monument de la place de la Perle, au centre de Manama, symbole depuis des semaines de la contestation de la monarchie sunnite par des manifestants en majorité chiites.

En dépit de l'éviction par la force cette semaine des protestataires qui campaient sur cette place depuis le 21 février, et l'instauration de l'état d'urgence, des milliers de personnes ont encore appelé vendredi à des réformes politiques.

La dynastie des Al-Kalifa qui règne sur cette archipel stratégique allié des Etats-Unis a appelé à un dialogue national et fait des concessions, mais l'opposition, dont six figures de l'aile dure ont été arrêtées jeudi, les a considérées insuffisantes et exige le départ d'hommes-clés du régime.

Washington a fait part vendredi de sa "profonde inquiétude" au sujet des arrestations d'opposants bahreïnis, dont deux chefs de l'opposition, tout en appelant les manifestants à des "actions pacifiques et responsables".

"Dans le cadre de l'amélioration des infrastructures, des travaux de développement ont été entamés aujourd'hui (...) afin de faciliter la circulation", sur le carrefour du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), plus connu sous le nom de Place de la Perle, a annoncé l'agence officielle bahreïnie BNA.

Ces travaux ont été marqués par la destruction du monument qui se trouvait au centre de la place, et qui était devenu dans les images transmises dans le monde entier, le symbole de la contestation du régime.

Le monument était une structure de béton comprenant six colonnes, représentant les six pays membres du CCG, soutenant une sphère symbolisant une perle, dont la récolte sous-marine fut longtemps la principale ressource du royaume.

La place de la Perle était devenue le centre de la contestation contre la dynastie des Al Khalifa, et des manifestants y campaient jour et nuit.

Mercredi, les forces de sécurité bahreïnies avaient lancé un assaut contre la place et forcé à la fuite les manifestants, faisant au moins trois tués et plusieurs dizaines de blessés.

Vendredi, une foule importante exigeant des réformes s'est rassemblée dans un village voisin de Manama en dépit d'une interdiction de manifester, et les funérailles d'une victime de la répression ont rassemblé dans un autre village des centaines de personnes.

Ces démonstrations sont intervenues au lendemain d'un appel de l'opposition dominée par les chiites à poursuivre la contestation dans ce petit royaume, où les Etats-Unis maintiennent le commandement de leur Vème flotte.

Dans le village chiite de Diraz, aux portes de la capitale bahreïnie, des manifestants chiites scandant des slogans anti-gouvernementaux se sont mobilisés après la prière du vendredi.

"En paix! en paix!", criaient les manifestants, "nous sommes prêts à sacrifier notre sang et notre âme pour Bahreïn".

Un important religieux chiite, cheikh Issa Qassem, a appelé dans son sermon à respecter les principes de la non-violence. "L'approche pacifique a été notre choix depuis le début", a-t-il affirmé.

Dans le village de Sitra, aux abords de Manama, une des victimes de la répression, un chômeur de 28 ans, Ahmed Farhan, tué mardi soir dans des affrontements avec la police, a été enterré dans le calme.

Des affrontements cette semaine ont fait au moins huit tués et des dizaines de blessés et la communauté internationale a condamné la répression par le régime.

Jeudi soir, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a mis en garde contre l'usage excessif de la force dans un appel téléphonique au roi de Bahreïn, cheikh Hamad Ben Issa Al-Khalifa.

Bahreïn a reçu le soutien de son puissant voisin l'Arabie Saoudite qui a dépêché vers Manama un millier de militaires, faisant partie du Bouclier de la Péninsule, la force commune des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG).

Les Emirats arabes unis ont également envoyé des troupes pour aider le régime de Manama, et vendredi le Qatar a lui aussi annoncé sa participation à cette opération.

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