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La coalition a poursuivi ses frappes aériennes ciblées la nuit dernière

La coalition internationale a maintenu la pression sur le régime de Kadhafi en procédant à des frappes ciblées pour la troisième nuit consécutive. Des explosions ont notamment retenti à Tripoli, près de la résidence du dirigeant libyen.

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AFP - La coalition internationale a poursuivi ses opérations en Libye dans la nuit de lundi à mardi, s'en prenant à nouveau à la résidence du colonel Mouammar Kadhafi à Tripoli, tandis que les violences se poursuivaient à Misrata, troisième ville du pays, faisant 40 mort parmi les insurgés, selon eux.

Entrée en action samedi en vertu de la résolution 1973 de l'ONU adoptée jeudi, la coalition montrait toutefois des signes de division.

"trois épisodes militaires dans la nuit écoulée"

Lundi soir, des tirs de la défense anti-aérienne suivis d'explosions ont retenti à Tripoli près de la résidence du dirigeant libyen, selon un journaliste de l'AFP. La nuit précédente, des missiles avaient détruit un bâtiment au sein de cette résidence-caserne dans le sud de Tripoli.

Une base navale située à 10 km à l'est de Tripoli a été touchée par des bombardements lundi soir, selon des témoins qui ont vu des flammes s'échapper de la base.

Plusieurs hauts responsables ont assuré que la coalition ne cherchait pas à viser directement le colonel Kadhafi.

"La position américaine est que Kadhafi doit partir", a affirmé lundi le président américain Barack Obama.

"les forces d'opposition à Mouammar Kadhafi ont encore beaucoup de difficultés"

Le Premier ministre britannique David Cameron n'a pour sa part pas caché qu'il "pensait que la Libye doit se débarrasser de Kadhafi", tout en soulignant qu'il appartenait "au peuple libyen de choisir son propre avenir".

Londres "s'en tiendra strictement au mandat des Nations Unies", a-t-il ajouté.

Par 557 voix contre 13, les parlementaires britanniques ont approuvé à la quasi-unanimité la participation des forces britanniques aux opérations.

Au sein de la coalition --à laquelle participent du côté de l'UE la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, la Belgique, le Danemark, la Grèce, et l'Espagne-- des voix dissonantes se font entendre, notamment au sujet du commandement de cette opération que plusieurs pays souhaiteraient voir confié à l'Otan.

"L'OTAN jouera un rôle" dans la nouvelle phase militaire en Libye, a affirmé M. Obama, ajoutant que cette phase débuterait dans un délai "de jours, non de semaines".

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a réclamé que "le commandement des opérations passe à l'Otan".

"Nous voulons (...) un contrôle utilisant les mécanismes de l'Otan, de façon à ce que tous ceux qui veulent participer de l'extérieur puissent être coordonnés correctement," a renchéri M. Cameron.

La Norvège a fait savoir que ses six F-16 dépêchés lundi en Méditerranée pour participer à l'opération n'entameront leur mission que lorsque cette question du commandement aura été clarifiée.

De son côté, le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero demandera mardi le soutien du Parlement pour la participation du pays, pendant une période d'au moins un mois, à l'opération militaire. Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra jeudi une réunion pour débattre de la situation en Libye.

Malgré l'offensive internationale et le nouveau cessez-le-feu annoncé par Mouammar Kadhafi dimanche, les violences se sont poursuivies lundi sur le terrain, faisant au moins 40 morts et 300 blessés à Misrata, à environ 200 km à l'est de Tripoli, selon un porte-parole des rebelles dans la ville et une source médicale.

Selon le porte-parole, des forces de Kadhafi ont pénétré dans la ville et y ont déployé des snipers et trois chars, tirant sur des manifestants.

Le porte-parole du régime libyen a affirmé pour sa part que la ville avait été "libérée il y a trois jours" mais que les forces du régime continuaient à y rechercher des "éléments terroristes".

Dans l'Est, les forces gouvernementales libyennes, qui avaient attaqué Benghazi samedi matin, ont reculé lundi jusqu'à Ajdabiya, à 160 km au sud.

Au sud-ouest de Tripoli, les forces loyalistes pilonnent depuis trois jours la région d'Al-Jabal Al-Gharbi, en particulier les villes de Zenten et Yefren sous contrôle de la rébellion, selon des habitants de la région évoquant des raids "très intensifs".

Selon le régime libyen, depuis samedi, la coalition a mené des raids sur Tripoli, Zouara, Misrata (ouest), Syrte et a visé lundi Sebha, ciblant notamment des aéroports.

Ces attaques ont fait de "nombreuses victimes" parmi les civils, notamment à "l'aéroport civil" de Syrte, ville natale de Kadhafi, à 600 km à l'est de Tripoli, a déclaré Moussa Ibrahim, porte-parole du gouvernement libyen.

L'Union européenne a adopté des sanctions renforcées contre le régime de Kadhafi et s'est dite prête à apporter de l'aide humanitaire, sans parvenir à dissimuler de profondes divisions en son sein.

Le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui avait soutenu l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne, a estimé que les bombardements s'écartaient de leur but, avant de changer de ton lundi et d'affirmer que ses propos avaient été "mal interprétés".

Les Occidentaux s'étaient targués d'une participation arabe à cette coalition. Mais, jusqu'à présent, seul le Qatar s'est vraiment engagé, les Emirats arabes unis ayant précisé que leur rôle en Libye se limiterait "à l'aide humanitaire".

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, dont le pays s'était abstenu lors du vote à l'ONU sans pour autant opposer un veto, a affirmé que la résolution lui faisait penser "à l'appel aux croisades à l'époque du Moyen-Age".

Le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans, est contesté depuis le 15 février par une révolte qui a fait des centaines de morts et poussé plus de 300.000 personnes à la fuite.

Les prix du pétrole ont terminé en hausse lundi à New York sous l'effet des frappes aériennes de la coalition internationale en Libye qui entretenaient l'idée d'une crise prolongée dans le pays.

 

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