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Bas les masques, Stanley Kubrick

Tous ceux qui cherchent à s’inspirer de Stanley Kubrick, ou à le parodier, y font référence : la thématique du masque chez le cinéaste. À l’occasion de la rétrospective à la Cinémathèque française, revue des vidéos postées sur le Web.

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Stanley Kubrick a ses "têtes de caractère". Tout comme les sculptures de Franz Xaver Messerschmidt, artiste autrichien du XVIIIe siècle dont les œuvres sont exposées en ce moment au Louvre, le cinéaste américain aimait filmer les visages, grimaçants, mobiles à l’extrême ou figés dans l’inexpressivité. La vaste rétrospective qui se tient à la Cinémathèque française*, organisée chronologiquement, démasque, au fur et à mesure de l’œuvre de Kubrick, ce penchant pour les déguisements, les voix travesties et les rôles multiples. Peter Sellers et ses trois rôles dans "Dr Folamour" (1964). Les "Droogs" portent un protège-sexe et un nez phallique, pour la provocation grotesque, ainsi que bretelles et chapeau-melon, pour un clin d’œil à l’establishment britannique, dans "Orange Mécanique" (1971). Sans oublier les masques vénitiens de "Eyes Wide Shut" (1999), en particulier celui porté par Tom Cruise, dont la bouche est elle-même figée dans la porcelaine. Les exemples sont nombreux.

Ces effets produisent leur dose d’imaginaire et aussi de distanciation, leur part de grotesque et de frayeur. Kubrick cherche ainsi à "défamiliariser" le quotidien, à révéler l'absurdité de la vie, à établir une tension entre le rire et la peur", écrit le critique de cinéma Michel Ciment, dans la présentation de l’exposition. Dans Shining (1980), Wendy, un long couteau à la main, le visage torturé par l’angoisse, se retrouve nez à nez avec une apparition burlesque : une créature portant un masque de cochon et pratiquant une fellation.

Michel Ciment poursuit : "Le cinéaste a toujours opté pour deux catégories de comédiens. D'une part, ceux dont il grossit les traits et qu'il pousse vers un style de jeu expressionniste, comme le Peter Sellers de Lolita et de Dr. Folamour" (…). D’autre part, à l'inverse, des acteurs au jeu neutre, au bord même de l'inexpressivité : Keir Dullea dans 2001 : L'Odyssée de l'espace, Ryan O'Neal dans Barry Lyndon. (…) Ces deux choix opposés trahissent un même refus du mélodrame et de la sentimentalité, un même souci de distanciation."

Lapins et marionnettes, reprises de Kubrick sur le Web

Masques, marionnettes, métamorphoses animales, visages muets en gros plans… Pas étonnant que les reprises de Stanley Kubrick, qu’il s’agisse de parodies ou d’exercices de style, les intègrent. Revue du Web des vidéos postées sur Youtube et Dailymotion.

"Shining" résumé en 30 secondes par une bande de lapins, animés par Jennifer Shiman.

Ce court-métrage "à la manière de Stanley Kubrick" place au centre de son film un homme au masque blanc. Signé Mono Gringo.

Cette mise en scène d’"Orange Mécanique" mélange marionnettes et images d’animation et retrouve très bien l’esprit du long-métrage.

Lorsque la publicité pour "Freedent" s’empare de Stanley Kubrick et de son "Full Metal Jacket" (1987), c’est pour y introduire une marionnette...

Vidéos postées sur Dailymotion, dans le cadre du concours organisé par la Cinémathèque et proposant de déposer des court-métrages "autour de" Stanley Kubrick.

*La monumentale rétrospective à la Cinémathèque française est organisée jusqu’au 31 juillet 2011. Un cycle de projection des films et de conférences est organisé en parallèle. A voir aussi, l'exposition virtuelle sur le site de la Cinémathèque.

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