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L'Otan prend les commandes, la coalition frappe Syrte et Tripoli, les insurgés avancent

La coalition internationale, passée sous commandement de l'Otan dimanche soir, a pris pour cible la route de l'aéroport de Tripoli et la ville natale de Mouammar Kadhafi, Syrte, vers laquelle progressent les opposants au régime.

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AFP - Les habitants de Syrte fuyaient dimanche la ville natale du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dans la crainte de raids aériens de la coalition et de l'arrivée des rebelles qui avancent rapidement vers l'ouest profitant de la débandade des forces gouvernementales.

L'Otan a annoncé prendre "immédiatement" le commandement de toutes les opérations militaires en Libye, qui étaient étaient jusque-là conduites par une coalition menée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.

"On ne s'arrête pas avant d'avoir libéré Misrata, et puis Tripoli!"

Dimanche matin, les rebelles ont repris le terminal pétrolier de Ras Lanouf (est), selon des journalistes de l'AFP. Ce bourg est situé à 210 km à l'ouest d'Ajdabiya, carrefour stratégique reconquis samedi par la rébellion.

Les pro-Kadhafi "ont fui hier soir, après le raid aérien", raconte un insurgé, Mohsen Omar, 30 ans. "Ils ont pris la fuite, et aujourd'hui nous les poursuivons. On ne s'arrête pas avant d'avoir libéré Misrata, et puis Tripoli!"

Les forces pro-Kadhafi se replient en direction de Syrte, 200 km plus à l'ouest, le long d'une côte plate et désertique difficile à défendre sans aviation ni artillerie lourde.

Les rebelles étaient en fin d'après-midi à Nofilia, petite bourgade entre mer et désert, à 110 km de Syrte, et à plus de 400 km de leur fief, Benghazi.

Ils attendent les bombardements internationaux pour s'aventurer jusqu'à Syrte, alors que des dizaines de familles fuyaient la ville en direction de Tripoli dans la crainte de raids aériens internationaux et de l'arrivée des rebelles, a constaté un journaliste de l'AFP.

En soirée, un raid aérien de la coalition a eu lieu à Syrte, où des hommes armés, en tenue militaire et parfois en civil, circulaient à bord de dizaines de pick-up arborant des photos du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

La veille, la ville avait déjà été la cible d'intenses frappes aériennes.

Des raids pour faciliter l'avancée des troupes rebelles

Des explosions et des tirs de DCA ont été également entendus à Tripoli vers 18H30 GMT dimanche, selon une journaliste de l'AFP. La télévision libyenne a confirmé les raids de la coalition sur Tripoli et Syrte.

A l'ouest, les avions de chasse français ont conduit dimanche des frappes aériennes contre des véhicules blindés libyens et "un important dépôt de munitions" dans les régions de Misrata et Zenten, a annoncé l'armée française.

Samedi, la reprise d'Ajdabiya et du site pétrolier voisin de Brega avaient constitué la première victoire des rebelles depuis le début de l'intervention internationale le 19 mars, inversant la tendance après une longue reculade et une semaine de stagnation.

Depuis jeudi, les raids ont "préparé le champ de bataille" et des officiers et soldats ayant rejoint la rébellion ont joué un rôle majeur, coordonnant leurs attaques avec la coalition, selon un porte-parole rebelle à Benghazi, Chamseddine Abdoulmolah.

Selon les insurgés, les champs pétroliers des régions qu'ils contrôlent produisent actuellement 100.000 à 130.000 barils par jour. L'opposition projette d'exporter du pétrole d'ici "moins d'une semaine", a déclaré un porte-parole rebelle, Ali Tarhoni, ajoutant que la rébellion a délégué au Qatar la commercialisation.

L'Otan dirige les opérations militaires en Libye

Accusé de s'être lancé dans un conflit sans stratégie de sortie en Libye, le président américain Barack Obama s'est réjoui de l'évolution de la situation, déclarant que l'intervention était "ciblée et en train de réussir".

L'Otan, déjà chargé de faire appliquer l'embargo sur les armes et la zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, a décidé de prendre le commandement de toutes les opérations militaires en Libye.

"Nous avons demandé au haut commandement opérationnel de l'Otan de mettre en oeuvre l'exécution de cette opération immédiatement", a annoncé dimanche soir le secrétaire général de l'Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen.

A l'approche de la réunion du groupe de contact mardi à Londres, le président français Nicolas Sarkozy a annoncé une initiative franco-britannique en vue d'une solution politique.

L'Italie, ancienne puissance coloniale, a annoncé qu'elle présenterait elle aussi un plan, qui prévoit un exil du colonel Kadhafi. "Même à l'intérieur du régime, il y a des gens qui travaillent à cette solution", selon le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini.

Benoît XVI a lancé un appel pour l'ouverture "immédiate d'un dialogue" afin d'aboutir à un cessez-le-feu en Libye.

Une première embarcation transportant des migrants africains en provenance de Libye, avec à bord près de 300 personnes, est arrivée dimanche dans le sud de l'Italie et était suivie de trois autres, selon les garde-côtes et des organisations humanitaires.

Rome a affirmé craindre une vague d'au moins 200.000 à 300.000 immigrés en cas de chute de Mouammar Kadhafi qui a prévenu que des milliers de migrants pourraient rejoindre l'Europe.
 

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