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JAPON

L'Agence nucléaire soupçonne un écoulement radioactif permanent au large de Fukushima

Texte par : Dépêche
4 mn

Après avoir mesuré un taux de radioactivité 4385 fois supérieur à la normale au large de Fukushima, l'Agence japonaise de sûreté nucléaire a admis que l'écoulement de substances radioactives en mer pourrait être permanent.

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REUTERS - Les niveaux systématiquement élevés de radioactivité relevés en mer au large de la centrale atomique de Fukushima-Daiichi, dans le nord du Japon, signifient
probablement que des substances radioactives s'écoulent en permanence dans la mer, a déclaré jeudi l'Agence de sûreté nucléaire japonaise.

"C'est une possibilité", a reconnu le directeur général adjoint de cette agence, Hidehiko Nishiyama, lors d'une conférence de presse, en ajoutant qu'il ignorait où pouvaient se produire les fuites radioactives.

L'agence a indiqué jeudi que la radioactivité dans l'eau de mer au large de la centrale avait augmenté et était désormais 4.385 fois supérieure à la limite admise.

Il s'agit du taux le plus élevé d'iode radioactif relevé en mer depuis le tsunami du 11 mars, qui a gravement endommagé la centrale. Mercredi, l'agence de sûreté nucléaire parlait d'une radioactivité au même endroit 3.355 fois supérieure à la limite admise.

L'agence a suggéré d'autre part au gouvernement japonais d'envisager d'étendre la zone d'évacuation décrétée autour de la centrale accidentée.

Pour l'heure, les habitants ont été évacués dans un rayon de 20 km autour de l'installation. Des voix se sont élevées ces derniers jours pour que les autorités élargissent cette zone, compte tenu de la situation toujours inquiétante à la centrale.

Le gouvernement s'est borné pour l'instant à encourager les habitants de la zone comprise entre 20 et 30 km autour de la centrale de partir mais il ne leur a pas expressément ordonné de le faire. Il leur a en revanche vivement conseillé de rester calfeutrés chez eux.

Conférence de presse d'Anne Lauvergeon

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a fait savoir mercredi que la radioactivité enregistrée à Iitate, un village situé à 40 km de la centrale, dépassait l'un des critères retenus pour l'évacuation des habitants.

Le Premier ministre Naoto Kan, auquel est reprochée une gestion médiocre de la crise la plus grave qu'ait affrontée le pays depuis 1945, a dit d'ores et déjà envisager d'élargir la
zone d'évacuation pour contraindre 130.000 habitants à partir, en plus des 70.000 qui ont déjà été déplacés.

De son côté, Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, qui est arrivée mercredi au Japon, doit tenir ce jeudi une conférence de presse à Tokyo à partir de 09h15 GMT.

Elle s'est rendue au Japon avec trois experts afin d'évaluer l'aide que le groupe français pourrait apporter à Tokyo Electric Power (Tepco) <9501.T>, l'exploitant de la centrale endommagée.

Le président français Nicolas Sarkozy, qui était en visite en Chine mercredi et jeudi, est attendu dans la journée au Japon.

Un analyste a évalué que Tepco pourrait recevoir des demandes d'indemnisation d'un montant total de 130 milliards dedollars si les graves difficultés perduraient longtemps à Fukushima.

A l'étranger, des traces "infimes" d'iode radioactif ont été décelées dans un échantillon de lait dans l'Etat de Washington, situé sur la côte ouest des Etats-Unis.

Les agences sanitaires américaines soulignent que l'iode 131 a une période (ou demi-vie) très courte, d'une huitaine de jours, et que le niveau décelé dans le lait devrait de ce fait diminuer relativement vite. L'iode 131 peut être dangereux pour la santé parce qu'il est absorbé aussitôt par la glande thyroïde, où il peut provoquer un cancer.

 

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