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Un avocat réclame 1 milliard de dollars à Facebook pour cause de "troisième intifada"

Facebook a dû fermer une page plébiscitée par des internautes appelant à une troisième intifada. Un avocat américain, militant de droite, estime que le réseau social a mis trop de temps à réagir. Il lui reclame 1 milliard de dollars.

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Facebook a-il été trop lent à réagir avant de fermer une page controversée appelant à une troisième intifada ? Pas suffisamment rapide, en tout cas, pour éviter une plainte d’un avocat américain, Larry Klayman. Ce dernier réclame au réseau social et à son fondateur, Mark Zuckerberg, 1 milliard de dollars de dommages et intérêts.

Cet avocat et activiste proche de la mouvance réactionnaire du Tea Party estime, dans sa plainte, qu’en "tant que juif", il s’est "senti visé" par "l’appel à tuer des juifs" véhiculé sur ce ensemble de pages que Facebook aurait d’abord "refusé de fermer". Il demande en outre que la justice interdise au célèbre réseau social de laisser d’autres pages comme celle de la "Third intifada" [troisième intifada, NDLR] d'apparaître.

Facebook sort à peine sa tête de l’eau numérique après plusieurs jours de remous au sujet de cette fameuse page apparue le 6 mars 2011. "Third intifada" appelait à un nouveau soulèvement populaire contre Israël à l’image de ceux qui ont eu lieu entre 1987 et 1993 et entre 2000 et 2005. Les administrateurs de cette page avaient même fixé une date – le 15 mai, jour d’anniversaire de la Nakba, un terme arabe signifiant catastrophe et désignant le début de l'exode des Palestiniens lors de la création d'Israël en 1948 – pour lancer leur "troisième intifada".

Une plainte opportune pour un militant bien connu

En un peu plus de deux semaines, "Third intifada" avait dépassé les 360 000 fans. Entre temps, plusieurs voix sur la Toile, dont des Palestiniens, avaient demandé à Facebook de fermer cette page qui, selon eux, "incitait à la haine". Le ministre israélien de l’Information, Youli Edelstein, avait même écrit une lettre à Facebook en ce sens. Une initiative malheureuse qui n’avait fait que redoubler l’intérêt pour l’initiative "Third intifada". Elle a alors frôlé les 500 000 fans peu avant que le réseau social décide finalement de la fermer mardi dernier.

Depuis, les responsables de Facebook courent après les copies qui apparaissent, mais le mouvement semble s’essouffler.

Si la somme exigée par Larry Klayman peut paraître exubérante, Mark Zuckerberg aurait tort de ne pas prendre l’homme au sérieux. Cette activiste de droite s’est fait un nom comme fondateur de Freedom Watch, une organisation de lutte contre la corruption et de défense des libertés. Pendant longtemps, sa cible favorite a été l’ancien président américain Bill Clinton contre lequel il a déposé 18 plaintes.

Par la suite, il s’est spécialisé dans la lutte contre l’islam radical qu’il voit un peu partout notamment dans le projet de construction d'un centre islamique dans les environs de "Ground Zero". La polémique autour de "Third intifada" permet à cet homme qui n’a jamais caché ces ambitions politiques de revenir sur le devant de la scène. Il s’était déjà présenté aux élections sénatoriales en Floride en 2003, mais n’avait pas réussi à dépasser le stade des primaires du Parti républicain. A défaut de gagner son procès contre Facebook, cette histoire pourrait lui servir de nouvelle rampe de lancement politique.

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