CÔTE D'IVOIRE

À Abidjan, tirs nourris autour des bastions du camp Gbagbo

Texte par : FRANCE 24 avec dépêches
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Vidéo par : Antoine MARIOTTI
7 mn

La bataille pour le contrôle des derniers bastions du président sortant se poursuit à Abidjan, toujours en proie aux pillages. Pour le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, Laurent Gbagbo "vit ses derniers jours de chef d'État".

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Quatre Casques bleus de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) ont été "grièvement blessés" samedi à Abidjan par des militaires du président ivoirien sortant, indique la mission onusienne. La patrouille de l'Onuci a essuyé des tirs dans les environs du Plateau (centre d'Abidjan). L'Onuci condamne "cette vague d'attaques ciblées des forces spéciales de Laurent Gbagbo contre le siège et les patrouilles de l'Onuci et assure que ceux qui en sont responsables ne resteront pas impunis".
 

Des tirs nourris à l’arme lourde ont été entendus ce samedi à la mi-journée dans le quartier du palais présidentiel, à Abidjan. La fréquence des coups de feu est toutefois sans commune mesure avec les violents affrontements de la veille. 

Ces tirs, de mortiers notamment, ont commencé vers 12 heures 15 (heures locales), après une nuit et une matinée relativement calmes. Dans le quartier d'Adjamé, des habitants faisaient état de fortes déflagrations près de la base d'Agban, principal camp militaire d’Abidjan.

Parallèlement, des informations alarmantes concernant l'ouest de la Côte d'Ivoire ont été diffusées par la Croix-Rouge : au moins 800 personnes ont été tuées durant la seule journée de mardi à Duékoué, alors que le camp Ouattara évoque des charniers dont seraient responsables les forces fidèles à Laurent Gbagbo. 

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Témoignage d'un observateur de FRANCE 24 dans le quartier de Cocody

Le camp Gbagbo contrôlerait la RTI 

Le camp du président ivoirien sortant affirmait vendredi avoir repoussé une offensive des forces de son rival sur le palais et la résidence présidentiels à Abidjan, précisant avoir également repris le contrôle de la Radio télévision ivoirienne (RTI), la chaîne de l'État. Le signal a été rétabli vendredi soir, et la chaîne a diffusé d’anciens programmes et un clip musical sur des images de campagne de Laurent Gbagbo. 

Samedi matin, des militaires fidèles au président sortant ont appelé à l'antenne de la RTI à la mobilisation des troupes pour la "protection des institutions de la République". Dans ce "communiqué numéro 1 du PC du point d'appui", lu par un militaire accompagné d'une dizaine d'officiers, ils demandent aux leurs de rejoindre cinq unités situées à Abidjan. 

Un bandeau déroulant a parallèlement annoncé que Charles Blé Goudé, ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo et chef des Jeunes patriotes, donnerait bientôt des ordres, ravivant la crainte de violences de rue.

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"Nous n'avons pas souhaité arriver à cette situation"

Gbagbo, retranché à Cocody, "vit ses derniers jours de chef d'État" selon Alain Juppé

Quant au président sortant, son entourage assure qu'il se trouve avec sa famille dans sa résidence de Cocody et qu'il n'a nullement l'intention d'"abdiquer", alors que les appels de la communauté internationale pour son départ se sont multipliés vendredi. 

Dans de nombreux quartiers de la métropole, les pillages se poursuivent et la panique s'empare de certains habitants, dont les ressortissants français. Environ 1 400 expatriés étaient regroupés samedi matin dans le camp militaire français de Port-Bouët à Abidjan, a indiqué l'armée française. 

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré, samedi à Bordeaux devant quelques journalistes, que Laurent "Gbagbo vit ses derniers jours de chef d'État" de Côte d'Ivoire. 

"Gbagbo vit ses derniers jours de chef d'État, la pression unanime qui s'exerce sur lui va désormais le contraindre au départ, c'est ce que nous souhaitons", a déclaré le chef de la diplomatie française, estimant que Laurent Gbagbo "est aujourd'hui acculé au départ, il est totalement isolé, l'ensemble des pays africains (...] lui ont dit de partir". 

"Nous suivons la situation d'heure en heure, nous faisons tous nos efforts pour qu'elle se stabilise, que le président Ouattara puisse véritablement s'installer au pouvoir et entreprendre une politique à la fois de reconstruction et de réconciliation nationale", a-t-il ajouté.

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