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La Grèce a reçu un émissaire de Kadhafi pour négocier l'arrêt des combats

Alors que le conflit libyen s'enlise, le colonel Mouammar Kadhafi a envoyé un émissaire en Grèce, dimanche, pour négocier une solution politique. Les détails de l'entretien n'ont cependant pas été communiqués.

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REUTERS - Mouammar Kadhafi a dépêché dimanche un émissaire en Grèce pour exprimer son souhait d'en finir avec des combats qui s'enlisent autour de Brega, dans l'Est de la Libye, mais aucun élément nouveau n'a filtré de ses entretiens.

Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Abdelati Obeïdi s'est rendu à Athènes pour remettre au Premier ministre Georges Papandréou un message du "guide de la Révolution", dont on ignore la teneur. Rien n'indique cependant qu'il ait avancé plus qu'une offre de négociations.

"Il semble que les autorités libyennes cherchent une solution", a ensuite déclaré le chef de la diplomatie grecque, Dimitris Droutsas, s'adressant à la presse.

Athènes entretient depuis de nombreuses années de bonnes relations avec Tripoli et le chef du gouvernement grec a eu récemment une série d'entretiens téléphoniques avec des responsables libyens, mais aussi avec ses homologues britannique et turc, ainsi qu'avec des dirigeants qataris.

Sur le terrain, la situation humanitaire devient préoccupante à Misrata, dernière ville de l'Ouest aux mains des insurgés, où un navire-hôpital turc a pu évacuer 250 blessés dimanche.

Le bâtiment a été dépêché sur ordre du ministère turc des Affaires étrangères et a passé quatre jours au large à attendre d'avoir l'autorisation de mouiller dans le port pour procéder aux évacuations.

Le ferry Ankara, transformé en navire-hôpital, a pu accoster en bénéficiant de la protection aérienne de 10 chasseurs F-16 de l'armée de l'Air turque et de l'appui de deux frégates de la Marine, a expliqué un diplomate turc.

Les rebelles tentent de s'organiser

Il a embarqué des blessés et 100 membres de leurs familles avant d'appareiller en toute hâte alors qu'une foule importante se pressait sur les quais espérant quitter la Libye.

"C'est une situation très difficile... Nous avons dû appareiller très tôt", a dit Ali Akin, chef des affaires consulaires au ministère turc des Affaires étrangères.

"Il n'y a pas assez de places dans l'hôpital (de Misrata) donc ils soignent certains blessés et les renvoient ensuite chez eux. Cela fait que nous avons eu du mal à les récupérer", a-t-il ajouté.

Un comité hospitalier a informé les autorités turques que 120 blessés devaient être évacués. La navire a également fait une escale à Benghazi pour évacuer d'autres victimes.

Il va maintenant faire route vers la Turquie où un hôpital de campagne a été installé.

Sur le front Est, ni les forces gouvernementales ni les rebelles ne parviennent à prendre le dessus, malgré les raids aériens de la coalition internationale.

Après plusieurs retournements de situation sur la route côtière, les deux camps se font désormais face à Brega, important terminal pétrolier du golfe de Syrte, dont l'agglomération peu peuplée s'étend sur 25 km.

Quinze jours après le début des bombardements, les puissances occidentales, toujours hostiles à une intervention terrestre, semblent craindre de se laisser entraîner dans un nouveau conflit au long court.

"Tout le monde veut une solution rapide"

Les Etats-Unis, qui ont remis le commandement des opérations à l'Otan, ont accepté de reprendre leurs raids aériens lundi en raison du mauvais temps de la semaine dernière, mais ont souhaité y mettre fin rapidement pour ne plus jouer qu'un rôle de soutien.

L'impasse militaire combinée à l'aggravation de la situation des civils, soumis à des pénuries alimentaires et de carburant, a entraîné un regain d'activité diplomatique.

Après la Grèce, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères est attendu à Malte et en Turquie.

"Différents scenarios sont évoqués. Tout le monde veut une solution rapide", a commenté un diplomate, selon lequel un compromis, qui verrait par exemple Mouammar Kadhafi céder le pouvoir à l'un de ses fils, risquerait d'entraîner une partition de la Libye.

De leur côté, les rebelles ont formé un comité de crise pour tenter de gérer les régions qu'ils contrôlent et de réorganiser leurs forces disparates et sous-équipées.

Le général Abdel Fattah Younes al Abidi, ancien ministre de l'Intérieur du régime de Tripoli, a été nommé chef d'état-major des troupes rebelles, malgré la méfiance qu'il suscite chez les insurgés en raison de sa longue connivence passée avec Kadhafi.

Les forces loyalistes ont bombardé dimanche un bâtiment de Misrata, faisant un mort et plusieurs blessés, rapporte un habitant de la troisième ville du pays, tenue par les rebelles.

Encerclés, les insurgés affirment contrôler le centre et le port, mais la pression des forces gouvernementales s'accentue. Les récits en provenance de Misrata sont invérifiables. Les autorités interdisent aux journalistes d'y travailler
librement.

Des bombardements ont en outre été signalés à Yefren et à Zentane, deux localités situées dans une région montagneuse au sud-ouest de Tripoli et peuplées de Berbères traditionnellement rétifs au régime libyen.

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