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Le régime prêt à des réformes, mais contre le départ de Kadhafi

Le régime libyen s'est dit prêt à réformer son système politique et organiser des élections. Le porte-parole du gouvernement a également dénoncé l'ingérence de l'Occident expliquant que seul le peuple pouvait décider du départ de Kadhafi.

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AFP - Le gouvernement libyen a annoncé être prêt à engager des réformes pour tenter de mettre fin au conflit qui déchire le pays depuis plus d'un mois et demi mais a exclu le départ du pouvoir de Mouammar Kadhafi.

Le porte-parole du gouvernement a affirmé que le régime était prêt à négocier des élections ou un référendum notamment.

"Quel système politique à appliquer dans le pays? Ceci est négociable. Nous pouvons en parler. Nous pouvons avoir tout, élections, référendum, etc.", a déclaré lundi soir Moussa Ibrahim à des journalistes qui l'interrogeaient à propos des négociations du régime avec l'Occident.

Il a toutefois précisé que "le leader est la soupape de sécurité pour le pays et pour l'unité de la population et des tribus. Nous pensons qu'il est très important pour toute transition vers un modèle démocratique et transparent". Selon lui, son pays est prêt à négocier avec les puissances occidentales mais refuse qu'elles "décident ce que le peuple libyen doit faire".

Le colonel Kadhafi a fait lundi soir une apparition en public et salué ses partisans rassemblés dans sa résidence de Bab el-Aziziya à Tripoli, cible le 20 mars d'un missile de la coalition, selon la télévision nationale libyenne. Sa dernière apparition remontait au 22 mars.

Son fils, Seif al-Islam qui a disparu de la scène depuis le début de l'intervention internationale en Libye, le 19 mars, est venu à l'hôtel hébergeant les journalistes à Tripoli où il a donné une interview à la BBC, avant de quitter discrètement les lieux.

Le Conseil national de transition (CNT), qui représente les rebelles dans leur fief à Benghazi (est), a rejeté lundi l'idée proposée, selon le New York Times, par Seif al-Islam et un de ses frères, Saadi, d'une transition vers une démocratie constitutionnelle qui prévoirait le retrait du pouvoir de leur père, estimant que Kadhafi et ses fils devaient partir.

Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a lui aussi estimé que Mouammar Kadhafi et sa famille devaient quitter le pouvoir et que la communauté internationale devait rester unie contre les tentatives diplomatiques du régime de s'en sortir.

Il se référait à la tournée du vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati Laabidi, qui s'est rendu ces deux derniers jours à Athènes, Ankara et La Valette.

Londres a aussi émis des réserves sur les démarches de Tripoli: "Nous avons toujours été clairs sur ce que devrait être la prochaine étape et les besoins d'une véritable trêve et d'une fin des violences", a déclaré un porte-parole du Premier ministre David Cameron. "Nous ne recherchons pas de stratégie de sortie pour Kadhafi".

L'ex-ministre libyen des Affaires étrangères Moussa Koussa, qui a fait défection la semaine dernière au Royaume-Uni, sera entendu "dans les prochains jours" par les enquêteurs écossais, à propos de l'attentat de Lockerbie qui avait causé la mort de 270 personnes en 1988, a déclaré lundi un porte-parole du gouvernement écossais.

"En ce qui concerne Moussa Koussa, il (nous) a dit qu'il était malade et qu'il devait aller tous les trois mois à l'hôpital Cromwell de Londres... Et nous l'avons autorisé à aller à Djerba, en Tunisie, d'abord. Il n'y pas de problème avec ça", a assuré Seif al-Islam Kadhafi dans une interview à la radio BBC 4.

Interrogé sur les secrets que Moussa Koussa dirait détenir, Seif al-Islam a répondu: "Quoi comme secrets? Les Britanniques et les Américains savent tout sur Lockerbie. Il n'y a plus de secrets".

Le régime autoritaire du colonel Kadhafi est la cible depuis le 15 février d'une révolte populaire qui s'est transformée en guerre civile entre insurgés et forces loyales au dirigeant.

Sur le terrain, la bataille pour le port pétrolier de Brega (800 km à l'est de Tripoli) se poursuivait.

Des tirs d'artillerie très violents ont été entendus mardi en milieu de matinée à une trentaine de km de la ville d'où s'élevait un énorme panache de fumée noire, selon un journaliste de l'AFP.

Comme la veille, des familles entières continuaient de fuir la ville en voiture en raison des combats entre rebelles et forces gouvernementales mieux armées et mieux organisées.

"Brega est quasiment désert, il n'y a plus que quelques hommes et leurs fils pour garder les maisons. Nos hommes (les rebelles) sont dans la ville (dans l'est) mais les forces de Kadhafi leur tirent dessus (de la partie ouest)", a déclaré à l'AFP Sami Ali, un habitant sur la route de Brega.

Dans l'ouest du pays, les combats s'étaient poursuivis lundi dans le Jabal Al-Gharbi, au sud-ouest de Tripoli, et à Misrata (200 km à l'est de Tripoli), ville assiégée et bombardée depuis 40 jours par les forces pro-Kadhafi.

 

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