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Un candidat de gauche, admirateur de Lula, favori de l'élection présidentielle

20 millions de Péruviens sont attendus pour élire le successeur du président Alan Garcia. Le candidat de gauche Ollanta Humala (photo) est le favori du scrutin. Le Pérou, dont l'économie connaît une forte croissance, reste une société inégalitaire.

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Le Pérou vote ce dimanche pour le premier tour d'une élection présidentielle avec pour net favori un ex-militaire de gauche, Ollanta Humala, qui a tempéré son discours antilibéral, mais reste porté par des millions d'oubliés de la croissance record du pays andin.

Près de 20 millions de Péruviens désignent un successeur à Alan Garcia. Le président de centre-droit lègue une des économies les plus performantes du monde en 2010 (+8,78%), mais une société très inégalitaire, et à la traîne en Amérique du Sud en termes d'infrastructures, d'éducation, de santé.

Quatre principaux candidats en lice, dont la fille de l'ancien président Fujimori

  • Ollanta Humala, un fin et énergique lieutenant-colonel retraité de 48 ans qui combattit dans les années 90 la guérilla maoïste, tient sa seconde chance d'accéder aux rênes du vaste pays de 29 millions d'habitants, après sa défaite au deuxième tour en 2006. Il obtiendrait, selon des derniers sondages privés de samedi, autour de 30% des voix, mais une photo-finish s'annonce pour son rival au second tour, le 5 juin.
  • Keiko Fujimori, députée de 35 ans et fille de l'ancien président autoritaire (1990-2000) emprisonné pour crimes contre l'humanité, apparaît en seconde position, à 21-21,5% des voix, et serait sa rivale au second tour, selon les sondages des instituts CPI et Ipsos-Apoyo. Héritière politique du courant libéral et populiste né avec son père Alberto, emprisonné depuis 2007, elle fédère un noyau de nostalgiques du chef d'Etat, resté pour beaucoup de Péruviens le "vainqueur du terrorisme" des guérillas de gauche dans les années 90, au prix d'une répression aveugle et de violations des droits de l'homme.
  • Fujimori devance de 2 à 3 points un ancien Premier ministre libéral des années 2005-06, Pedro Pablo Kuczynski, 72 ans. Mais l'écart représente en fait une égalité technique, étant donné la marge d'erreur de 2-3 points, soulignent les sondeurs. Les enquêtes ont porté sur des échantillons de 2.000 personnes.
  • L'ancien président centriste Alejandro Toledo, 65 ans, est à égalité parfaite avec Kuczynski dans l'un des sondages, mais est distancé en quatrième position dans l'autre, ce qui semble confirmer le déclin du candidat qui avait pourtant caracolé en tête des sondages sans discontinuer de janvier à fin mars.

Humala, de Chavez à Lula

Humala a promis une "grande transformation, une grande redistribution" dans un Pérou

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où "peu possèdent beaucoup, et beaucoup possèdent peu", en référence aux 34% vivant dans la pauvreté, voire 60% dans les régions andines sous-développées, malgré les profits record du secteur minier (or, cuivre).

La pauvreté, une éducation en jachère, la corruption, et un narcotrafic au poids croissant -le Pérou est en passe de devenir premier producteur de cocaïne au monde- ont été des thèmes clefs de la campagne.

Humala, stigmatisé par ses rivaux comme constituant un risque étatiste ou autoritaire, perçu comme le diable par l'élite économique de la prospère Lima, a plaidé son attachement aux libertés démocratiques, à la propriété, à la prudence fiscale et macro-économique. "J'ai pas mal changé", résume-t-il.

Il a pris des distances avec le chef de file de la gauche radicale d'Amérique latine, le Vénézuelien Hugo Chavez, dont il fut le poulain en 2006.

"Le modèle du Venezuela n'est pas applicable au Pérou (...) le Brésil, devenu une des plus grandes économies en avançant dans l'intégration sociale et en démocratie, est pour moi un modèle de succès", a-t-il affirmé.

"Docteur Lula or Mister Chavez ?", s'interroge une presse sceptique sur la conversion d'Humala, comme sur ses costumes sombres désormais substitués au tee-shirt rouge de 2006.

La Bourse de Lima, elle, et la devise péruvienne, le sol, n'ont pu réprimer des frissons de nervosité.

Les Péruviens, pour qui le vote est obligatoire, renouvellent aussi leur parlement unicaméral, qui comme le sortant devrait être fragmenté.

Les bureaux devaient ouvrir de 8H00 (13H00 GMT) à 16H00 (21H00 GMT). Des projections d'après sondages à la sortie des urnes devraient être alors connues, mais elles étaient trompeuses en 2006.

Comme alors, une photo fiable du second tour pourrait ne pas émerger avant plusieurs jours, en raison d'un décompte officiel notoirement lent.

 

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