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CÔTE D'IVOIRE

Accusée d'ingérence, la France se défend d'avoir arrêté Laurent Gbagbo

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : Jonathan WALSH
3 min

Régulièrement accusé d'ingérence dans les affaires ivoiriennes, Paris précise que la force française déployée en Côte d'Ivoire n'a joué qu'un rôle de "soutien" aux troupes alliées de Ouattara lors de l'arrestation de Gbagbo.

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AFP - Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, et l'état-major des armées se sont attachés lundi à démontrer que l'arrestation lundi à Abidjan de Laurent Gbagbo avait été une affaire entre Ivoiriens, à laquelle la France a apporté un simple "concours" à la demande de l'ONU.

"Dans cette affaire, il s'agit d'un président ivoirien recevant la reddition de son prédécesseur qui, pendant quatre mois, n'avait pas accepté la réalité du suffrage universel (...) et s'était mis en opposition avec les résolutions" des Nations-Unies, a déclaré M. Longuet au cours d'une conférence de presse.

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La reddition, a souligné le ministre, "a été enregistrée par les forces républicaines de la Côte d'Ivoire qui ont bénéficié du soutien de l'Onuci".

"C'est une opération in fine entre Ivoiriens", avait fait valoir auprès de l'AFP le ministre, en reconnaissant "certes un soutien" des forces françaises et de l'Onuci.

Mais, avait-il insisté, "aucun soldat français et de l'Onuci n'a pénétré dans la résidence présidentielle" de M. Gbagbo.

"A la demande de l'Onuci, Licorne a été amenée à apporter un concours. C'est une affaire qui restaure l'autorité de la Côte d'Ivoire, de son président élu bénéficiant du soutien des Nations Unies", a expliqué le ministre devant la presse.

Interrogé sur le type de soutien fourni par Licorne aux forces du nouveau président ivoirien, Alassane Ouattara, il a indiqué qu'il s'agissait d'"un soutien aérien", au travers de quatre hélicoptères Gazelle.

L'objectif de la mission de l'ONU confiée à Licorne en Côte d'Ivoire "était que le président élu puisse présider" et il a été atteint, a-t-il déclaré.

Il a rappelé que l'effectif de Licorne avait été porté "à 1.700 hommes et femmes", "à partir d'un redéploiement de troupes (...) implantées à Libreville et au Tchad".

M. Longuet a "souhaité à titre personnel que la situation ivoirienne, en sécurisant nos compatriotes par un Etat de droit respecté, nous permette d'alléger rapidement ce dispositif au-delà de ce qu'il était au moment (du déclenchement) de la crise".

Alors que l'effectif de Licorne était alors de 980 hommes, il a affirmé qu'"il a vocation de revenir en dessous de la position de départ".

Interrogé sur le rôle des forces spéciales françaises ont pu jouer dans l'arrestation de Laurent Gbagbo, le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, a affirmé qu'il n'y avait eu "aucun rôle particulier des forces spéciales" françaises "ni hier, ni aujourd'hui" (dimanche et lundi).

L'amiral Guillaud a souligné que les forces spéciales étaient en revanche intervenues mercredi pour exfiltrer l'ambassadeur du Japon de sa résidence.

Soulignant que l'arrestation de Laurent Gbagbo avait été effectuée par les forces du président reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara, il a simplement dit : "Ils nous ont dit que Laurent Gbagbo s'est rendu à la porte de sa résidence".

Le porte-parole de l'état-major, le colonel Thierry Burkhard, avait affirmé qu'"à aucun moment" les forces françaises n'avaient pénétré lundi "dans les jardins ou la résidence présidentielle", où s'était réfugié Laurent Gbagbo.

Après une nuit durant laquelle les hélicoptères de Licorne ont à nouveau ouvert le feu autour du palais présidentiel et de la résidence de Gbagbo, les soldats de Licorne se sont redéployés lundi sur les axes stratégiques d'Abidjan, notamment le boulevard de France "à environ 1,5 km de la résidence", a-t-il souligné.

"Les forces impartiales" de l'Onuci et de Licorne "réorganisent leur dispositif pour obtenir un retour à la normale", a-t-il dit.

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