LIBYE

Face à l'Otan, le CNT tente de s'affirmer politiquement

Texte par : Dépêche
4 mn

Exhortant l'Otan à "davantage d'efforts pour la protection des civils", le Conseil national de transition (CNT) a présenté aux ministres des Affaires étrangères européens un ambitieux plan de transition démocratique, prévoyant le départ de Kadhafi.

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AFP - Le Conseil national de transition (CNT) des insurgés libyens a accusé mardi les forces pro-Kadhafi d'avoir tué à ce jour 10.000 personnes et a présenté un plan de transition démocratique prévoyant une constitution et des élections sitôt Mouammar Kadhafi parti.

"Nous attendons du monde entier un soutien complet à la résolution 1973" du conseil de sécurité de l'ONU sur la Libye, "à savoir principalement la protection des civils", a déclaré à la presse le responsable du CNT pour les affaires étrangères, Ali Al Isawi.

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Selon lui, "nous avons à présent 10.000 personnes tuées par les soldats de Kadhafi" dans le pays depuis le début du conflit.

En outre, "nous avons environ 20.000 personnes portées disparues et nous avons quelque 30.000 blessés, dont 7.000 sérieusement dont la vie est en danger", a-t-il ajouté.

"C'est la raison pour laquelle nous voulons davantage d'efforts pour la protection des civils contre l'agression qui est en cours", a ajouté le responsable.

Il s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec les ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg, face auxquels il était invité à s'exprimer en compagnie d'un autre représentant du CNT, Mahmoud Jibril.

C'est la première fois que l'Union européenne dans son ensemble recevait ainsi des membres du forum représentant les rebelles de Benghazi en Libye.

La présence des membres du CNT "a été un signal de reconnaissance vis a vis de ce Conseil" national de transition, a estimé le chef de la diplomatie française Alain Juppé, à l'issue de la réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.

M. Jibril, un des chefs de file du CNT, a présenté aux ministres européens "un plan de transition très ambitieux" pour la Libye, à condition que Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 42 ans, quitte ses fonctions, a déclaré le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini.

"Deux semaines après la sortie de scène de Kadhafi, ils sont prêts à lancer un comité constituant national pour rédiger et adopter une constitution et préparer des élections générales puis présidentielles", a assuré M. Frattini.

Ce plan prévoit "l'inclusion de tous les groupes" politiques libyens "qui ont envoyé des représentants au CNT de Benghazi", que ce soit "à l'Est et à l'Ouest (du pays) sous contrôle du régime", selon le ministre italien.

Pour Alain Juppé, "c'est aux Libyens d'organiser le dialogue politique comme ils l'entendent, en associant non seulement le Conseil national de transition mais aussi la société civile et vraisemblablement des personnalités de Tripoli qui se rendent compte qu'il n'y a pas d'avenir possible à moyen terme avec Kadhafi".
 

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