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BURKINA FASO

Des mutins de la garde présidentielle sèment le désordre à Ouagadougou

Texte par : Dépêche
3 min

La mutinerie qui agite les rangs du régiment présidentiel s'étend à d'autres casernes de Ouagadougou. Le chef de l'État, Blaise Compaoré, serait dans son palais présidentiel de la capitale burkinabè.

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AFP - Le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré, qui résiste depuis février à des mouvements de colère multiples, dont ceux de soldats, était confronté vendredi à une nouvelle mutinerie de sa propre garde présidentielle qui s'est étendue à d'autres militaires.

La mutinerie a débuté jeudi soir dans deux casernes de la capitale, dont l'une dans l'enceinte de la résidence à Ouagadougou de M. Compaoré - un ancien militaire au pouvoir depuis 24 ans. Le président s'est rendu pendant quelques heures à Ziniaré, sa ville d'origine, à une trentaine de km au nord, avant de revenir en son palais vendredi matin.

Des dizaines de soldats de la garde présidentielle sont descendus dans les rues, tirant en l'air, pillant de nombreux magasins du centre-ville. Ils ont également incendié le domicile du général Gilbert Diendiéré, chef d'état-major particulier de Blaise Compaoré, ainsi que celui de deux autres officiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs personnes, des civils, ont été "légèrement blessées" lors du saccage du domicile d'un de ces officiers, selon une source militaire.

"On revendique beaucoup de choses", a affirmé à l'AFP un des mutins sous couvert d'anonymat, citant "les primes de logement" et alimentaire. "Nous sommes fâchés contre le commandement. On ne peut pas travailler pour qu'il s'enrichisse", a-t-il ajouté.

La mutinerie s'est étendue vendredi matin à trois autres casernes de Ouagadougou: le camp Guillaume Ouédraogo, un des plus importants de la ville, ainsi que les casernes Sangoulé Lamizana et "11-78".

Des discussions étaient en cours entre la hiérarchie et les mutins, selon les deux parties. Les tirs à l'arme légère puis à l'arme lourde qui ont résonné jusqu'à vendredi à l'aube n'étaient plus entendus en milieu de matinée.

La plupart des services publics, beaucoup de sociétés privées (banques, assurances...) et les stations-service étaient fermés à Ouagadougou, où la circulation était moins dense qu'à l'accoutumée. Dans la rue, certains militaires armés s'emparaient de véhicules civils, surtout des picks-ups, a constaté le journaliste de l'AFP.

Cette grogne survient après des mouvements, fin mars, de militaires en colère qui protestaient contre la condamnation et l'emprisonnement de certains de leurs camarades inculpés dans des affaires de moeurs et de viols.

Ils s'étaient emparés d'armes de guerre dans des garnisons de plusieurs villes, dont Ouagadougou, avaient déjà tiré en l'air dans les rues, pillé des boutiques et libéré certains de leurs camarades emprisonnés.

Le président Compaoré avait alors rencontré toutes les composantes de son armée, des simples soldats aux généraux et, à l'issue des rencontres, avait annoncé la "fin de la crise".

Avant les protestations des militaires, son régime avaient été secoué par des mouvements de jeunes, à la suite de la mort à Koudougou (centre) d'un étudiant de 23 ans, Justin Zongo, dans des circonstances mal définies: les parents et amis du jeune ont assuré qu'il était décédé des suites de violences policière infligées lors d'une interpellation, les autorités parlant de mort due à une méningite.

La mort de Justin Zongo a provoqué de violentes manifestations à travers tout le pays qui ont fait six morts à Koudougou et dans ses environs.

Puis, il y a une semaine, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Ouagadougou et dans plusieurs villes de l'intérieur du pays contre le régime de Compaoré, 60 ans, dont 24 ans au pouvoir.

La contestation à laquelle fait face Blaise Compaoré survient au moment où celui auquel il a toujours accordé son soutien, l'Ivoirien Alassane Ouattara, vient d'accéder au pouvoir à Abidjan après l'arrestation de leur ennemi commun, Laurent Gbagbo.

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