CUBA

Plusieurs réformes au menu du 6e congrès du Parti communiste

Texte par : Dépêche
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5 mn

Le Parti communiste cubain est réuni en congrès, ce samedi à La Havane, pour la première fois depuis quatrorze ans. Le parti unique doit entériner une série de réformes économiques libérales lancées en 2010 par le gouvernement de Raul Castro.

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AFP - Cuba se prépare à un changement historique de modèle économique avec l'adoption de réformes annoncées en 2010 par Raul Castro, et à un rajeunissement de sa direction par le Parti communiste de Cuba (PCC), qui tient de samedi à mardi son premier congrès depuis 14 ans.

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Les exilés cubains de Miami suivent à distance le congrès de La Havane

"Soit nous changeons de cap, soit nous coulons", a mis en garde en décembre le président Raul Castro, qui s'est efforcé, depuis qu'il a succédé à son frère Fidel à l'été 2006, de préparer les 11,2 millions de Cubains à un changement en douceur du modèle économique de l'île.

"Nous avons le devoir essentiel de corriger les erreurs que nous avons commises au cours de ces cinq décennies de construction du socialisme à Cuba", a expliqué Raul Castro, 79 ans.

Le plus jeune des Castro sait aussi qu'il est l'heure pour la génération historique de la Révolution de passer la main. A l'exemple de Fidel Castro (84 ans) qui a annoncé en mars son intention de renoncer à l'occasion du congrès au poste de premier secrétaire du PCC qu'il occupe depuis la fondation du parti en 1965.

Pour procéder à cette "actualisation" du modèle cubain, calqué sur l'URSS des années soixante-dix, le 6e congrès du PCC - parti unique à Cuba - devrait officiellement entériner une série de réformes économiques lancées en 2010 par le gouvernement.

Dégraissage de près de 20% des effectifs dans la fonction publique, ouverture au secteur privé de 178 petits métiers, création d'un tissu de coopératives urbaines, plus large autonomie des entreprises d'Etat, décentralisation dans l'agro-alimentaire, ouverture aux capitaux étrangers, réduction des subventions et mise en place d'un système fiscal.

La liste est longue des axes de réformes qui doivent sauver Cuba du naufrage, tout en conservant les acquis sociaux -éducation et santé gratuites notamment- et les fondements égalitaires du système cubain.

L'évolution se fait aussi entre deux cultures: celle de l'Etat providentiel qui subvient aux besoins de tous et celle du travail et de l'initiative privée.

Les milliers de Cubains qui perdent leur travail dans le secteur public sont ainsi invités à se mettre à leur compte (cuenta propria) et devenir travailleur indépendant. Quelque 300.000 "cuentapropistas" sont enregistrés, dont la moitié se sont inscrits depuis l'ouverture de nouvelles conditions de travail en octobre.

Les employés d'Etat rendus "disponibles" sont également invités à rejoindre des coopératives du bâtiment ou des entreprises agricoles: 40% des terres cultivables sont encore en friche malgré les distributions de terre en usufruit auxquelles le gouvernement a procédé depuis 2008.

D'ici 2015, la moitié des cinq millions d'emplois publics devraient ainsi passer au secteur privé, espère le gouvernement.

Mais s'arracher d'un modèle étatique paternaliste vieux d'un demi-siècle ne se fait pas sans douleur.

Plus de sept millions de Cubains ont participé cet hiver aux discussions de quartiers et d'entreprises sur les réformes. Leurs préoccupations: la fin prévue de la "libreta" -le carnet de rationnement qui assure à tout Cubain un panier de produits à prix subventionnés-, le faible niveau des salaires -15 à 20 euros mensuels-, la circulation de la double monnaie -le peso "national" et le peso "convertible"- qui condamne celui qui n'a pas accès aux devises à une dure survie quotidienne.

Mais aussi les sirènes du capitalisme: l'enrichissement personnel, la concentration des richesses, les difficultés du logement, la qualité des services.

Parallèlement à l'économie, le 6e congrès du PCC devrait aussi élire la centaine de membres de son comité central, qui désigneront ensuite le bureau politique (19 membres aujourd'hui) et son secrétariat (10).

Fidel Castro devrait abandonner ses dernières fonctions officielles mais conserver toute son influence, en bon "soldat des idées" comme il aime se présenter.

 

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