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SYRIE

Les forces de sécurité dispersent violemment les manifestants à Homs

Texte par : Dépêche
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4 min

Les forces de sécurité syriennes ont violemment dispersé un sit-in rassemblant des milliers de personnes sur la place de l'Horloge à Homs (centre du pays). Elles auraient tué au moins quatre personnes, d'après un militant des droits de l'homme.

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AFP - Les forces de sécurité syriennes ont dispersé violemment mardi un sit-in de milliers de personnes réclamant à Homs la chute du régime, après que le gouvernement eut dénoncé "une rébellion armée" et promis de la réprimer.

Plus d'un mois après le début du mouvement de contestation contre le régime de Bachar al-Assad, les manifestations se sont étendues à de nombreuses villes du pays et radicalisées en passant d'appels aux réformes à des appels à la chute du régime.

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A Homs (centre), un sit-in débuté lundi soir pour appeler au départ de M. Assad a été dispersé "par la force" aux premières heures de mardi, a indiqué à l'AFP une militante des droits de l'Homme à Damas sous couvert de l'anonymat. "Il y a eu des tirs nourris", a-t-elle ajouté, sans être en mesure de dire s'il y avait des victimes.

D'autres militants en exil ont rapporté ces mêmes informations qui n'ont pas pu être confirmées par des témoins sur place, les communications téléphoniques semblant être coupées.

"Sit-in jusqu'à la chute du régime", "liberté", "Uni, le peuple syrien est uni", scandaient les manifestants, selon des vidéos diffusées sur le site YouTube.

Lundi soir, un militant des droits de l'Homme avait annoncé le début de ce sit-in, indiquant qu'il devait se poursuivre jusqu'à la chute du régime.

"Plus de 20.000 personnes participent au sit-in sur la place al-Saa (Horloge) que nous avons rebaptisée place Al-Tahrir d'après celle du Caire", avait déclaré Najati Tayyara. Les manifestants avaient érigé des tentes sur la place et apporté de la nourriture, selon lui.

La place Tahrir au Caire a été l'épicentre du mouvement de contestation en Egypte qui a conduit au départ du président Hosni Moubarak le 11 février.

Sur une pancarte brandie par les manifestants, on pouvait lire "alaouite, sunnite, chrétien, kurde = unis", les militants refusant que leur mouvement prenne un caractère confessionnel.

Le pouvoir politique en Syrie est détenu par la minorité alaouite --une branche de l'islam chiite-- et le parti Baas depuis 1963. Les sunnites forment la majorité de la population.

Les autorités syriennes ont affirmé de leur côté que trois officiers et trois enfants avaient été tués lundi par des "groupes criminels armés" dans la région de Homs, où 11 manifestants anti-régime avaient péri dimanche selon des militants des droits de l'Homme.

Peu après le début du sit-in à Homs, le ministère de l'Intérieur a promis de mater une "rébellion armée de groupes salafistes" (sunnites radicaux).

"Les évènements dans certains gouvernorats, notamment à Homs et à Banias (nord-ouest) (...), montrent qu'il s'agit d'une rébellion armée de groupes salafistes", a affirmé le ministère dans un communiqué. "Nous n'allons pas tolérer les activités terroristes de ces groupes".

Depuis le début du mouvement le 15 mars, le régime accuse des gangs "armés" ou "criminels" de tirer sur les manifestants et les forces de l'ordre.

Mardi, la presse officielle accusait les Etats-Unis d'être "derrière" les manifestations. "A tous ceux qui parient (sur la chute du régime), nous leur disons: +ne pariez pas car vous serez perdants+", indique le quotidien gouvernemental As-Saoura.

Dans une vidéo diffusée sur YouTube, le mufti de Syrie, Ahmad Badreddine Hassoun, qui s'exprimait devant des habitants de Sanameine, ville proche de Deraa (sud), épicentre du mouvement, a appelé au calme. Mais il été interrompu à maintes reprises par les slogans "liberté, liberté" ou "la mort plutôt que l'humiliation".

Au moins 200 personnes ont été tuées dans le pays depuis le début du mouvement, selon Amnesty International. Des centaines d'autres ont été arrêtées selon des ONG.

L'ampleur de ce mouvement est sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir du parti Baas, toute velléité d'opposition ayant été sévèrement réprimée sous Hafez al-Assad, père de Bachar.

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