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L'Entretien

Pour le Premier ministre tunisien, "les ingrédients de la démocratie sont réunis"

À la veille de la visite officielle du chef de la diplomatie française Alain Juppé à Tunis, le Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi affirme être pleinement confiant dans l’avenir de son pays, lors d'un entretien exclusif accordé à FRANCE 24.

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"S’il y a une chance pour qu’une démocratie s’installe dans un pays du tiers monde, c’est bien en Tunisie", déclare, plein d’optimisme, le nouveau Premier ministre Béji Caïd Essebsi à FRANCE 24. 

"Tous les ingrédients de la démocratie sont réunis", poursuit-il lors de l’entretien exclusif accordé à notre chaîne, qu’il a reçue dans le palais du Bey de Tunis. "Nous sommes un pays où la population est instruite et où la libération de la femme est avancée. Ainsi, nous sommes mieux préparés que d’autres pour initier un processus démocratique", souligne-t-il.

Béji Caïd Essebsi a succédé au Premier ministre de transition Mohamed Ghannouchi le 27 février. Ce dernier avait dû quitter son poste sous la pression de la rue, quelques semaines seulement après la chute du président Zine Ben Ali, le 14 janvier.

Essebsi, 84 ans, avait déjà été ministre sous Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante. Il s’était retiré de la vie politique cinq ans après l’accession au pouvoir de Ben Ali en 1987, alors qu’il était président de l’Assemblée nationale tunisienne.

Il doit, à présent, mener à bien la transition démocratique jusqu’au 24 juillet, date à laquelle se tiendra l’élection d’une assemblée constituante qui aura pour vocation de créer les nouvelles règles du jeu politique.

Voilà pour le volet politique. Car, aujourd’hui, la Tunisie doit surtout relancer son économie, dont une grande partie dépend de la manne touristique. Au micro de FRANCE 24, le nouveau Premier ministre a tenu à rassurer ceux qui pourraient justement craindre de se rendre dans le pays, le premier de la région à avoir initié sa révolution.

"Aucun danger pour les touristes"

"L’ordre est rétabli en grande partie et le problème du tourisme est avant tout psychologique. Les gens s’imaginent qu’après une révolution, il n’est pas bon de se rendre dans le pays. Pour la Tunisie, ils se trompent car il n’y a ni risque ni danger pour les touristes", déclare-t-il.

Cette volonté de se tourner vers l’avenir, Béji Caïd Essebsi dit aussi en faire preuve dans les relations diplomatiques, en particulier dans ses rapports avec la France. "Il y a toujours dans les relations entre les pays des moments plus difficiles que d’autres. Moi, je regarde toujours vers l’avenir. Ce qu'il y a eu avant mon arrivée ne me regarde pas, c’est du passé", tempère-t-il.

En Tunisie, la population avait été choquée par les frasques de Michèle Alliot-Marie, qui occupait le Quai d’Orsay jusqu’en février dernier. L’ex-ministre avait notamment emprunté l’avion d’un proche de Ben Ali lors d’un voyage personnel alors que les autorités réprimaient dans le sang les manifestants. Les Tunisiens n’ont pas non plus digéré l’attitude jugée insultante du nouvel ambassadeur de Paris, Boris Boillon, à son arrivée dans le pays.

Mercredi, Béji Caïd Essebsi doit rencontrer le nouveau ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, lors d’une visite officielle à Tunis. L’occasion de donner un nouveau départ aux relations franco-tunisiennes, à l’heure où les différends subsistent, puisque Paris fait pression sur le gouvernement de transition pour qu’il garde la maîtrise sur les flux migratoires.

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