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LIBYE

Entre deux feux, Misrata confrontée à l’urgence humanitaire

Après six semaines de guérilla urbaine à Misrata, la situation humanitaire empire. Les évacuations sporadiques, nécessitant des traversées de plus de vingt heures par voie maritime, peinent à absorber le flux de blessés. Reportage.

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Alors que se termine la sixième semaine de combats dans la ville côtière libyenne de Misrata, à 200 km à l’ouest de Tripoli, la situation humanitaire est chaque jour plus précaire. Car au quotidien, ce sont des dizaines de blessés qui affluent vers les hôpitaux de la ville.

Le lundi 18 avril, un bilan du centre hospitalier de la ville faisait état d’environ 1 000 morts, dont 80 % de civils, depuis la fin du mois de février. Ce chiffre pourrait avoir considérablement augmenté depuis, alors que plusieurs ONG ont dénoncé en début de semaine les bombes à sous-munitions employées par les forces loyales au colonel Kadhafi.

Intensification des combats à Misrata

Comme l’explique l’envoyé spécial de FRANCE 24 sur place, Matthieu Mabin, les combats entre les forces du colonel Kadhafi et celles de l’insurrection se sont intensifiés à Misrata, ces trois derniers jours. La multiplication des duels d’artillerie et la guérilla urbaine ont fait de la ville le champ de bataille le plus actif de la guerre civile libyenne.

Mercredi, lors d’une conférence de presse à New York, la responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valérie Amos, a assuré que la ville était au centre des inquiétudes. En début de semaine, les Nations unies ont obtenu de Mouammar Kadhafi l’ouverture d’un "passage sûr" pour des équipes humanitaires internationales dans les zones que contrôlent ses forces.

Des soins de fortune

Par ailleurs, une mission de l'ONU a été autorisée à se rendre à Misrata, où les moyens à disposition des médecins sont toujours précaires, comme le confie le docteur Mustafa Omar : "On n’a aucun moyen d’opérer [ce patient]. Pour ça, il faudrait de la micro-neurologie, mais on ne l’a pas. Du coup, je ne sais pas ce qui va lui arriver."

Parmi ceux qui n’ont pas souffert du manque d’équipements des services hospitaliers, les plus chanceux ont pu être évacués. Mais face à la masse de blessés, le nombre de bateaux quittant Misrata demeure insuffisant.

Mercredi, un vaisseau acheminant  une aide humanitaire de la Croix-Rouge a accosté. Le lendemain, un ferry turc a transporté plus de 900 réfugiés de Misrata à Benghazi et poursuivi sa route vers Tobrouk, où 600 personnes ont été débarquées.

Un bateau de croisière transformé en hôpital flottant

D’autres blessés ont pris place sur un navire de croisière grec, l'Ionian Spirit, qui s’est dérouté pour venir chercher les cas les plus graves. A bord, Matthieu Mabin a rencontré Oussama, un homme qui a participé aux combats. "J’ai pris deux balles juste ici, ça m’a cassé le bras. J’ai perdu des copains, ainsi que mon cousin. C’était sur Tripoli Street."

Le "navire hôpital" grec se prépare à 20 heures de traversée vers Benghazi. Si Ossama a été rapidement pris en charge et sait qu’il arrivera en vie dans la capitale rebelle, tous les passagers n’auront pas une telle chance. Le Ionian Spirit est aussi le bateau chargé de rapatrier les corps du photographe britannique Tim Hetherington et de son collègue américain Chris Hondros, décédés mercredi après avoir été atteint par un tir de mortier à Misrata.

Sur les 3 000 blessés de la bataille de Misrata, moins de 500 ont pour l'instant été évacués.

 

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