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L'Ukraine commémore le 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl

Un quart de siècle après la plus grave catastrophe nucléaire civile, à Tchernobyl en Ukraine, le bilan humain suscite toujours la controverse tandis que le sarcophage censé circonscrire la radioactivité menace de s'effondrer.

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AFP - Le monde commémore mardi Tchernobyl, la plus grave catastrophe de l'histoire du nucléaire civil survenue il y a 25 ans en Ukraine à l'époque soviétique, avec une peur ravivée par les accidents à la centrale japonaise de Fukushima.

Trois désastres du nucléaire

Le 26 avril 1986 à 01H23, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl a explosé au cours d'un test de sécurité à la suite d'erreurs de manipulation, provoquant des rejets d'éléments radioactifs d'une intensité équivalente à au moins 200 bombes de Hiroshima et contaminant une bonne partie de l'Europe.

Pour éteindre l'incendie et nettoyer la zone autour de la centrale, l'URSS a envoyé en quatre ans 600.000 "liquidateurs" exposés à de fortes doses de radiation avec une protection minime.

Mardi, de hauts responsables politiques sont attendus sur le site, ainsi que le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Kirill, qui participera à une cérémonie religieuse à 07H00 GMT, suivie d'un dépôt de gerbe au pied du monument à la mémoire des "liquidateurs" décédés.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à un "débat global" sur l'énergie nucléaire, au cours d'une visite à Tchernobyl le 20 avril.

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"L'accident à la centrale nucléaire de Fukushima (en mars) et le désastre de Tchernobyl nous ont donné deux messages forts: nous devons tirer les leçons de ces tragédies et renforcer les normes de sécurité nucléaire", a dit M. Ban.

Un quart de siècle plus tard, le bilan de Tchernobyl suscite toujours la controverse: le culte du secret et le mauvais suivi des victimes dans les années chaotiques post-soviétiques sont montrés du doigt mais aussi le lobby nucléaire, réticent à analyser les conséquences à long terme de la catastrophe.

L'URSS dirigée par Mikhaïl Gorbatchev avait alors réagi dans la pire tradition du secret, ne reconnaissant le drame que trois jours plus tard, après que la Suède, atteinte par le nuage radioactif, a alerté le monde.

Le silence officiel soviétique, suivi de mensonges, a contribué à la contamination de centaines de milliers de personnes, principalement en Ukraine, au Bélarus et en Russie.

En 2005, plusieurs agences de l'ONU ont estimé que 4.000 personnes étaient décédées des suites d'une exposition à la radiation, un rapport qui, selon les écologistes, sous-estime fortement l'impact de Tchernobyl.

SUR LES OBSERVATEURS

Ce rapport est contesté par l'UNSCEAR, comité scientifique des Nations unies sur les effets des rayonnements, qui ne reconnaît que 31 morts d'opérateurs et de pompiers directement imputables aux effets de la radiation.

Dans son dernier rapport en février 2011, l'UNSCEAR fait aussi état de 6.000 cas de cancer de la thyroïde, dont 15 mortels dus à la consommation par des enfants de lait contaminé.

Selon Greenpeace, au moins 100.000 personnes sont mortes avant 2005 en Ukraine, au Bélarus et en Russie des suites de la contamination radioactive (cancers, atteintes au système immunitaire, maladies cardiaques...), a déclaré à l'AFP Ivan Blokov, responsable de l'ONG en Russie.

Les accidents au Japon ont fait revivre le cauchemar nucléaire et ont eu des répercussions politiques en Occident, où Tchernobyl avait favorisé l'essor de mouvements écologistes.

La communauté internationale a, lors d'une conférence le 19 avril à Kiev, débloqué 550 millions d'euros -- sur un total de 740 millions d'euros manquants -- pour financer les travaux liés à l'aménagement d'un nouveau sarcophage à Tchernobyl. La chape alors construite à la va-vite pour recouvrir le réacteur accidenté est fissurée.

Tchernobyl n'a été définitivement fermé qu'en décembre 2000 après plusieurs incidents, et quatre centrales, avec 15 réacteurs, sont toujours en exploitation dans le pays.

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