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JAPON

L'agence de notation S&P craint une aggravation de l'important déficit public nippon

Texte par : Dépêche
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3 min

Le coût de la reconstruction du Japon après le séisme du 11 mars pourrait atteindre 417 milliards d'euros, estime Standard & Poor's, qui recommande à Tokyo de trouver de nouvelles sources de revenus pour la financer.

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AFP - L'agence de notation financière Standard and Poor's a abaissé mercredi la perspective de la note de la dette à long terme du Japon de "stable" à "négative", estimant que le coût du séisme du 11 mars allait aggraver le lourd déficit public nippon.

Cette note est actuellement fixée à "AA-", la quatrième meilleure possible sur un total de 22, ce qui correspond à un émetteur de haute qualité, mais elle pourrait donc être réduite prochainement.

"Nous estimons que les coûts de la reconstruction s'échelonneront entre 20.000 et 50.000 milliards de yens (entre 167 et 417 milliards d'euros), avec une prévision moyenne de 30.000 milliards de yens (250 milliards d'euros)", a expliqué l'agence dans un communiqué.

Si le gouvernement "ne prend pas de mesures pour augmenter les revenus, comme des augmentations d'impôts, nous pensons que les pouvoirs publics assumeront l'essentiel de ce coût, ce qui grossira le déficit public de deux points de PIB cette année et d'un point l'an prochain", a-t-elle poursuivi.

S&P en a conclu que le déficit public japonais "dépassera jusqu'en 2014 les 8% du PIB, et non jusqu'en 2013 comme cela était précédemment estimé".

Ceci augmentera la dette publique japonaise, qui représente déjà quelque 200% du Produit intérieur brut (PIB) de la troisième puissance économique mondiale, soit la proportion la plus forte parmi les pays développés.

L'agence a souligné que ses projections étaient "incertaines" au vu de la situation encore instable à la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est), accidentée depuis le séisme de magnitude 9 et le tsunami géant du 11 mars.

"Beaucoup dépendra de la capacité du gouvernement japonais à créer un consensus politique sur la manière de prendre des mesures d'ajustement budgétaire à l'avenir", a estimé S&P.

Depuis le séisme, le gouvernement a prévu une première rallonge budgétaire de quelque 4.000 milliards de yens (33 milliards d'euros), financée par des économies sur divers postes, mais a d'ores et déjà jugé nécessaire une deuxième rallonge, qui reposera cette fois sur l'émission d'obligations d'Etat.

L'équipe du Premier ministre de centre-gauche, Naoto Kan, envisage de relever des impôts mais, sur ce sujet tabou, aucune décision n'a été prise. Le gouvernement doit en outre composer avec l'opposition conservatrice qui peut bloquer ses projets grâce à la majorité qu'elle détient à la Chambre haute du Parlement.

"Un abaissement de la note du Japon est possible si aucune consolidation budgétaire n'empêche la détérioration des finances publiques lors des deux années à venir", a prévenu S&P.

Avant le séisme, l'agence avait abaissé d'un cran en janvier la note du Japon à cause de son lourd endettement public.

S&P a en revanche estimé que les désastres de mars ne pèseraient pas sur la croissance à moyen terme et n'entraîneraient pas non plus "de relèvement significatif des taux d'intérêt sur la dette publique".

Elle a aussi souligné que la note du pays restait de bon niveau parce que le Japon "est détenteur net d'actifs à l'étranger, dispose d'un système financier solide et d'une économie diversifiée", et que le yen est une monnaie de réserve importante sur le plan international.

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