SYRIE

Le Conseil de sécurité de l'ONU échoue à adopter une position commune

Texte par : Dépêche
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Vidéo par : Jonathan WALSH
5 mn

Les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont échoué à s'accorder sur un projet de déclaration condamnant la répression du mouvement de contestation en Syrie. Damas rejette par ailleurs l'idée d'une enquête internationale sur les violences.

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AFP - Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fait part mardi de son "inquiétude croissante" concernant la répression sanglante menée contre les manifestants en Syrie, en particulier l'utilisation de chars et de tirs à balles réelles par les forces de sécurité.

"Nous regardons ce qui se passe de très près, et avec une inquiétude croissante", a déclaré M. Ban à la presse à l'issue de discussions du Conseil de sécurité consacrées à la Syrie.

"Je condamne absolument la violence contre les manifestants pacifiques, en particulier l'utilisation de chars et de balles réelles qui ont blessé ou tué des centaines de personnes", a-t-il dit.

"Il va sans dire que les autorités syriennes ont pour obligation de protéger les civils et de respecter les règles internationales en matière de droits de l'homme", a-t-il ajouté.

M. Ban a apporté son soutien à l'appel de la Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Navi Pillay, en faveur d'une enquête indépendante et transparente sur les centaines de morts intervenues en Syrie.

Les discussions du Conseil de sécurité mardi sur la Syrie n'ont pas réussi à entrer dans une phase formelle au sujet d'un projet de déclaration condamnant les violences, proposé par quatre pays européens: la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et le Portugal.

Le Conseil devait se réunir à nouveau mercredi, mais selon des diplomates, la Russie constituait le principal obstacle à l'adoption de cette déclaration, qui soutient également l'appel à une enquête.

La Chine est également favorable à "une solution politique", a déclaré son représentant, Li Baodong.

L'ambassadeur de Syrie Bachar Jaafari a rejeté toute idée d'enquête internationale. "Nous allons mener l'enquête nous-mêmes, en toute transparence, nous n'avons rien à cacher", a-t-il dit à la presse. "Nous regrettons ce qui se passe, mais vous devez convenir que ces troubles et ces émeutes, dans certains de leurs aspects, masquent des intentions cachées", a-t-il dit, jugeant que leur but était de "déstabiliser la Syrie".

Le président Bachar el-Assad "devrait avoir la possibilité de remplir sa mission de réforme de la vie politique dans le pays", a ajouté M. Jaafari, qui a par ailleurs annoncé que tous les morts dans son pays seraient traités en "martyrs" et que leurs enfants recevraient une éducation gratuite.

L'ambassadrice américaine Susan Rice, qui s'exprimait à la suite de M. Jaafari, a dénoncé devant la presse "la violence brutale employée par le gouvernement syrien contre son propre peuple", qu'elle a jugée "odieuse et lamentable".

"Au lieu d'écouter son propre peuple, le président Assad accuse sournoisement l'extérieur, tout en cherchant à obtenir l'aide de l'Iran pour réprimer les citoyens syriens avec les mêmes méthodes brutales que celles utilisées par le régime iranien", a-t-elle dit.

M. Ban s'est par ailleurs exprimé sur le Yémen, appelant "à nouveau à l'arrêt immédiat des violences contre les manifestants pacifiques".

"Les problèmes du Yémen peuvent être résolus uniquement par un dialogue large et pacifique", a-t-il dit. "J'espère que les négociations entre le gouvernement et les autres parties se traduiront par un accord acceptable par tous".

Il a aussi loué le rôle du Conseil de sécurité en Libye. "Il est clair que l'action unie et décisive du Conseil de sécurité a sauvé de nombreuses vies", a-t-il relevé. "Il est clair également que le régime libyen a perdu à la fois toute légitimité et toute crédibilité, en particulier concernant la protection de son peuple et la réponse à son aspiration légitime au changement".

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En rouge, les villes où ont eu lieu les plus importantes manifestations et répressions depuis le 15 mars.

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