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Yvan Colonna comparaît pour la troisième fois devant la cour d'assises de Paris

Yvan Colonna est dans le box des accusés pour la troisième fois dans le cadre du procès pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac. Arrêté en juillet 2003 après quatre ans de cavale, Colonna est détenu à la prison de Fresnes.

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AFP - Le troisième procès d'Yvan Colonna pour l'assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris, où ses avocats ont joué une nouvelle carte pour tenter d'ébranler les charges qui pèsent contre lui.

L'accusé est entré dans le box cinq minutes avant le début de l'audience, le visage éclairé d'un grand sourire pour adresser un geste de la main à ses proches, parmi lesquels sa nouvelle épouse, Stéphanie.

"Yvan Colonna, né le 7 avril 1960 à Ajaccio, berger. Domicile actuel maison d'arrêt de Fresnes", a-t-il répondu au président qui lui demandait de décliner son état civil.

Sans dire un mot à la presse, la famille du préfet Erignac, sa veuve, sa fille et son fils, avaient pris place peu de temps auparavant sur les bancs des parties civiles.

"Depuis le début il proclame son innocence, sa ligne de défense n'a pas changé", a déclaré un des conseils d'Yvan Colonna, Me Pascal Garbarini. Simplement, a-t-il ajouté, "il a compris que l'accusation avait toujours cherché à le dépeindre comme quelqu'un capable de tuer", alors "il a décidé de s'expliquer davantage".

Il a en outre un "ressort psychologique nouveau" depuis son mariage en détention début mars.

En ce premier jour consacré à des questions de procédure, les cinq avocats de l'accusé ont tenté de convaincre la cour de ne pas tenir compte des premières dénonciations de ses complices présumés, passées en 1999 lors de gardes à vue "illégales".

Sous l'impulsion de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), du conseil constitutionnel et de la cour de cassation, une réforme de la garde à vue, imposant la présence d'un avocat, est entrée en vigueur le 15 avril.

"S'il n'y a plus les gardes à vue, il ne reste rien" à l'accusation, a affirmé un autre conseil d'Yvan Colonna, Me Eric Dupond-Moretti.

Les accusateurs d'Yvan Colonna "ont réitéré leurs déclarations devant un juge d'instruction, en présence de leur avocat", a objecté Me Vincent Courcelle-Labrousse, conseil de Robert Erignac, frère du préfet assassiné.

Avant de se rétracter, plusieurs membres du commando - dont six seront condamnés en 2003 - avaient accusé Yvan Colonna d'avoir participé à l'assassinat, certains le désignant même comme celui qui avait abattu le préfet de trois balles dans la nuque, le 6 février 1998 à Ajaccio.

Colonna avait pris la fuite après les arrestations de ses complices présumés en mai 1999, et après quatre ans de cavale, a été arrêté en juillet 2003.

Il a été condamné par deux fois à la perpétuité. En appel en 2009, sa peine a été alourdie d'une période de sûreté de 22 ans, mais ce verdict a été annulé en juin 2010 par la Cour de cassation pour un vice de procédure.

Yvan Colonna a assumé lors de ses deux premiers procès son passé de militant nationaliste, mais en affirmant avoir quitté la lutte pour l'indépendance de l'île en 1989-90, après la naissance de son fils.

Pour l'accusation, il est le 7e membre du "groupe des anonymes", qui aurait fomenté l'assassinat de Claude Erignac ainsi que l'attaque en septembre 2007 de la gendarmerie de Pietrosella, au cours de laquelle l'arme du crime avait été dérobée.

Outre les premières mises en cause de ses présumés complices, l'accusation se base sur des relevés téléphoniques montrant de nombreux contacts pendant la période de préparation de l'assassinat et le lendemain, et sur sa fuite.
              

 

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