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Le Premier ministre réclame la fermeture d'une centrale nucléaire proche de Tokyo

La centrale de Hamaoka, dans le centre du Japon, a 87 % de chances d'être frappée par un puissant séisme d'ici à 2040, estiment les autorités, qui ont ordonné l'arrêt de ses activités. Une décision saluée par les anti-nucléaires.

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AFP - Deux mois après l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (nord-est) consécutif au tremblement de terre, le Premier ministre japonais a exigé la fermeture d'une autre centrale, dans le centre de l'archipel soumis à un fort risque sismique.

"J'ai ordonné (...) que Chubu Electric Power arrête les opérations de tous les réacteurs à la centrale nucléaire de Hamaoka", a déclaré vendredi Naoto Kan au cours d'une conférence de presse à Tokyo.

"Cette décision a été prise pour la sécurité des habitants", a-t-il précisé. "Nous avons également pris en compte l'énorme impact qu'un accident grave à la centrale de Hamaoka pourrait avoir sur la société japonaise dans son ensemble", a-t-il ajouté.

La région subira une pénurie d'électricité

Cette centrale est située à moins de 200 km au sud-ouest de Tokyo et à une centaine de kilomètres de la métropole de Nagoya, au coeur d'une région industrielle.

Concrètement, cette décision revient à fermer les réacteurs 4 et 5 et à ne pas relancer le réacteur 3, actuellement arrêté pour vérifications. Les unités 1 et 2 de cette centrale à cinq réacteurs avaient déjà été définitivement stoppées.

M. Kan a prévenu que cette décision risquait d'entraîner une pénurie d'électricité dans la région dans un premier temps.

"Les autorités compétentes, dont le ministère de la Science, ont estimé à 87% les chances qu'un tremblement de terre de magnitude 8 frappe la région au cours des 30 années à venir", a souligné le Premier ministre japonais.

"Il est nécessaire de mettre en place des mesures sur le moyen et long termes, en particulier la construction de murs de protections face à la mer, qui pourraient résister" à un tsunami géant, a-t-il poursuivi, sans donner de précisions sur le calendrier.

Selon l'agence Kyodo, Chubu Electric a donné son accord pour suspendre les opérations.

"Cela ne peut être la dernière", estime Greenpeace

Situé au confluent de quatre plaques tectoniques, le Japon subit des séismes parmi les plus forts recensés sur Terre. Le 11 mars, un séisme de magnitude 9 suivi d'un tsunami géant ont dévasté le nord-est de l'archipel et fait plus de 25.000 morts et disparus et, en 1995, un tremblement de terre à Kobe (centre-ouest) a fait plus de 6.400 morts.

Les militants anti-nucléaires japonais se sont réjouis.

"Greenpeace salue la décision du Premier ministre de fermer Hamaoka, l'une des centrales nucléaires les plus dangereuses du Japon", a indiqué Junichi Sato, directeur exécutif de Greenpeace Japan.

"C'est la première fois qu'un Premier ministre a directement demandé qu'une centrale nucléaire soit fermée au Japon. Cependant, cela ne peut être la dernière", a-t-il ajouté.

"Fukushima constitue un rappel sévère des conséquences de l'énergie nucléaire, et il y encore de nombreux autres réacteurs dangereux en service", a-t-il conclu.

Le Japon est confronté depuis deux mois au plus grave accident nucléaire de son histoire après l'arrêt des circuits de refroidissement de la centrale Fukushima Daiichi, provoqué par la catastrophe du 11 mars.

Tokyo Electric Power (Tepco), opérateur de cette centrale située à 250 km au nord-est de Tokyo, estime pouvoir parvenir au refroidissement des réacteurs d'ici à janvier 2012 au plus tard.

Le Japon comptait une cinquantaine de réacteurs nucléaires en activité avant le séisme. L'énergie atomique fournit un peu moins de 30% de l'électricité consommée dans le pays.

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