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Des bâtiments officiels en feu après des frappes de l'Otan sur Tripoli

Des avions de l'Otan ont bombardé plusieurs bâtiments de Tripoli tôt ce matin. Lundi, Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale, a demandé aux juges de la CPI de délivrer un mandat d'arrêt contre Mouammar Kadhafi.

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AFP - La pression s'accentue sur le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, l'Otan ayant mené mardi de nouveaux raids sur des bâtiments officiels à Tripoli, au lendemain de la demande par le procureur de la Cour pénale internationale d'un mandat d'arrêt à son encontre.

Deux bâtiments du régime étaient en feu très tôt mardi matin, après des frappes de l'Otan, selon un journaliste de l'AFP.

Carte du conflit en Libye

L'un abrite les services de sécurité intérieure, et l'autre le siège du ministère d'inspection et de contrôle populaire, organe de lutte contre la corruption. Ils sont situés sur l'avenue Al-Joumhouriya, un quartier résidentiel et administratif au centre de Tripoli, non loin de la résidence du colonel Kadhafi. Deux explosions avaient été entendues dans ce secteur vers 01H30 locale (23H30 GMT).

La ministre du Contrôle populaire, présente sur place, a fait état de blessés parmi les fonctionnaires.

Le porte-parole du gouvernement, Moussa Ibrahim, a indiqué que des dirigeants du Conseil national de transition (CNT) de la rébellion, qui faisaient partie du régime avant de faire défection, avaient demandé à l'Otan de bombarder le siège du ministère pour détruire des preuves de leur implication dans des affaires du corruption.

Lundi, en début de soirée, trois explosions avaient déjà été entendues dans le secteur de Bab Al-Aziziya, où se trouve a résidence du colonel Kadhafi. Selon des habitants, un site de radars a notamment été détruit.

Tripoli est la cible quasi quotidienne des frappes de l'Otan qui a pris les commandes depuis le 31 mars de l'intervention militaire en Libye, destinée à mettre fin à la répression sanglante du soulèvement qui avait débuté le 15 février.

La Russie, qui a maintenu formellement des relations avec le régime de Tripoli, a demandé mardi à des émissaires de Mouammar Kadhafi, en visite à Moscou, d'appliquer la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU et de cesser toute action contre la population civile.

"Nous avons soulevé les questions qui reflètent notre position de principe qui consiste en premier lieu à ce que le sang cesse de couler le plus vite possible en Libye", a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Il est "indispensable pour les dirigeants libyens de commencer à pleinement mettre en oeuvre la résolution du Conseil de sécurité", a-t-il ajouté.

M. Lavrov a également indiqué avoir appelé Tripoli à "coopérer avec l'ONU pour permettre de livrer l'aide humanitaire sur tout le territoire libyen".

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, s'était abstenue le 17 mars de faire usage de son droit de veto lors du vote de la résolution 1973 qui a autorisé l'intervention d'une coalition internationale en Libye. Mais depuis, elle a plusieurs fois accusé les Occidentaux de violer l'esprit et la lettre de la résolution.

De plus en plus isolé, Mouammar Kadhafi voit aussi la menace judiciaire se rapprocher.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a demandé lundi aux juges de délivrer un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre lui, son fils Seif Al-Islam et le chef des renseignements libyens, Abdallah Al-Senoussi.

De la demande du procureur du CPI aux frappes sur Tripoli

"Les preuves recueillies montrent que Mouammar Kadhafi a personnellement commandé des attaques contre des civils libyens non armés", a affirmé M. Moreno-Ocampo, en précisant qu'il avait commis ces "crimes dans le but de préserver son autorité absolue".

Pour le régime libyen, la CPI a abouti à des "conclusions incohérentes".

"Nous n'avons à aucun stade de la crise en Libye jamais ordonné le meurtre de civils ou engagé de mercenaires contre notre peuple", a indiqué M. Ibrahim accusant les rebelles d'avoir "pris les armes".

La rébellion a "salué" de son côté la décision du procureur, mais souhaité que ces trois hommes soient "jugés d'abord en Libye".

La France, en pointe dans l'intervention militaire, a estimé que "plus que jamais, il est clair que Mouammar Kadhafi, tout comme les deux autres personnes visées, n'a aucune place dans les discussions politiques qui doivent s'engager pour construire l'avenir de la Libye".

Le ministre libyen du Pétrole Choukri Ghanem, un cacique du régime, a "quitté" la Libye et se trouve depuis le 14 mai en Tunisie voisine, a indiqué à l'AFP une source proche du gouvernement tunisien.

"Choukri Ghanem réside actuellement dans un hôtel à Djerba (île touristique dans le sud de la Tunisie) et il n'a pas essayé de contacter les autorités tunisiennes", a ajouté cette source.

La rébellion a indiqué de son côté n'avoir "aucun contact" avec lui et ne pas savoir s'il allait les rejoindre.

Trois mois après le déclenchement de la révolte, le colonel Kadhafi est toujours au pouvoir malgré les milliers de bombes lâchées par l'Otan. Les violences dans le pays ont fait des milliers de morts, selon le procureur de la CPI, et poussé près de 750.000 personnes à fuir, d'après l'ONU.

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