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Bactérie tueuse : l'Allemagne sous le feu des critiques européennes

Accusées par l'Union européenne (UE) d'avoir causé du tort aux producteurs de fruits et légumes du continent, les autorités allemandes ne parviennent à déterminer l'origine de l'épidémie de la bactérie E.coli, responsables de 24 morts.

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AFP - Toujours à la recherche de l'origine des diarrhées qui ont fait 24 morts en Europe et porté un coup sévère à l'agriculture, le gouvernement allemand était sous le feu des critiques mardi, tandis que l'UE allait débloquer plus de 150 millions d'euros d'aides.

"Un climat de paranoïa dans toute l'Allemagne"

Une réunion de crise des ministres allemands régionaux et fédéraux de la Santé et de la protection des consommateurs était prévue mercredi matin, a indiqué un porte-parole du ministère de la Santé mardi soir.

L'Etat régional de Basse-Saxe (nord) a annoncé le décès de deux femmes de 74 et 88 ans, qui présentaient les symptômes d'un syndrome hémolytique et urémique (SHU), des troubles rénaux graves provoqués par la bactérie Eceh.

Mais la Bavière (sud) a annoncé qu'un des décès de la semaine dernière n'était finalement pas dû à la bactérie. Le bilan total s'élevait mardi à 24 morts, 23 en Allemagne et un en Suède.

L'Institut Robert Koch de veille sanitaire a signalé mardi pour la première fois "un léger repli du nombre des nouveaux cas" dans les données transmises par les autorités régionales. "Quant à savoir si ce repli va se poursuivre, on ne peut pas l'affirmer pour le moment", a-t-il ajouté.

"Il est encore trop tôt pour lever l'alerte générale", a commenté le ministre de la Santé Daniel Bahr mardi soir. "Mais il y a des raisons d'être prudemment optimistes" et de croire que "le pire est derrière nous", a-t-il dit, cité par un porte-parole de son ministère.

Les résultats négatifs d'analyses se succèdent et compliquent la tâche des scientifiques allemands qui traquent l'origine de cette souche particulièrement virulente et résistante de la bactérie E.coli.

Après une première batterie d'analyses négatives sur 40 échantillons prélevés dans une exploitation horticole du nord du pays produisant des graines germées, lundi, c'est l'examen d'un paquet de graines issues de cette exploitation et retrouvées dans le réfrigérateur d'un malade guéri depuis, qui s'est révélé négatif.

Les autorités attendent encore les 17 échantillons restants de l'exploitation agricole biologique suspecte.

Mais "il est tout à fait possible que nous ne trouvions pas la source", a reconnu mardi, dans le quotidien populaire Bild, Gert Lindemann, le ministre de l'Agriculture de Basse-Saxe, où se trouve l'exploitation suspecte.

Les tâtonnements et affirmations parfois apparemment contradictoires des autorités allemandes ont provoqué la colère du commissaire européen à la Santé, John Dalli.

"Il est crucial que les autorités nationales ne se précipitent pas pour donner des alertes non probantes, car cela crée des psychoses et des problèmes", a-t-il affirmé au cours d'un débat au Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg.

Il ne faut émettre des alertes que "quand on est certain des données scientifiques", a ajouté M. Dalli, qui doit participer mercredi la réunion de crise à Berlin, selon le ministère allemand de la Santé.

Un scénario similaire à celui qu'a connu le Japon en 1996, avec 10.000 malades, huit morts, un fort soupçon pesant sur des graines de radis germées, mais qui n'avait jamais pu être étayé, pourrait bien se reproduire en Allemagne.

Sans attendre la fin de cette crise, la Commission européenne a annoncé mardi qu'elle allait débloquer une aide de plus de 150 millions d'euros en faveur des producteurs de légumes et de fruits de l'UE.

Le commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos, a toutefois précisé que le chiffre exact dépendrait des estimations des pertes qui seront faites dans chaque pays, en marge d'une réunion extraordinaire des ministres européens de l'Agriculture à Luxembourg.

La consommation de tomates, de concombres, de salade et de graines germées crus restant fortement déconseillée en Allemagne, la Fédération agricole allemande a chiffré à 50 millions d'euros le manque à gagner dans ce qu'elle qualifie de "pire crise depuis Tchernobyl" pour les producteurs de légumes du pays.

Les pertes semblent encore plus importantes chez les producteurs espagnols, dont les concombres ont été incriminés à tort comme vecteurs de la maladie il y a dix jours. Ils ont évoqué des pertes de 225 millions d'euros par semaine, et Madrid réclame un dédommagement intégral.
 

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