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Washington confirme avoir des "contacts" avec les Taliban

Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense, a confirmé dimanche les propos du président afghan Hamid Karzaï, selon lequel les États-Unis ont engagé des discussions préliminaires avec les Taliban.

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AFP - Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a confirmé dimanche que Washington menait, avec d'autres pays, des discussions préliminaires avec les talibans afghans, pour favoriser le processus de réconciliation après bientôt 10 ans de guerre.

"Je pense qu'il y a eu une volonté de discuter de la part d'un certain nombre de pays, y compris les Etats-Unis", a dit M. Gates sur la chaîne CNN.

"Je dirais que ces contacts sont tout à fait préliminaires à ce stade", a ajouté le chef du Pentagone, soulignant qu'il était crucial de déterminer "qui représente vraiment les talibans", avant de s'engager dans des discussions avec quelqu'un qui prétend représenter le chef des talibans, le mollah Omar.

"Nous ne voulons pas nous retrouver à discuter à un moment donné avec quelqu'un qui est en fait un indépendant", a expliqué M. Gates.

Ces déclarations interviennent au lendemain de celles du président afghan Hamid Karzaï qui a affirmé que les Etats-Unis avaient entamé des négociations avec les talibans. "Les forces étrangères, notamment les Etats-Unis, mènent eux-mêmes des négociations", a-t-il dit.

Il s'agissait de la première confirmation officielle de pourparlers directs entre Washington et les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition militaire internationale dirigée par les Etats-Unis, mais dont la sanglante rébellion a gagné du terrain ces dernières années.

Le département d'Etat s'était refusé samedi à commenter les propos du président Karzaï, mais avait reconnu un "large éventail de contacts" pour soutenir les efforts de réconciliation.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a estimé que les déclarations du président Karzaï constituaient une "non-nouvelle". "Cela fait longtemps que l'on sait qu'il y a des discussions avec les talibans et les Américains".

Le gouvernement afghan tente de lancer un processus de réconciliation avec certains talibans pour mettre un terme à l'insurrection. Dans le cadre de ce processus, les Etats-Unis exigent que les talibans renoncent à la violence, rompent tout lien avec Al-Qaïda et respectent la Constitution afghane.

Récemment, M. Gates a affirmé que les 130.000 soldats étrangers en Afghanistan effectuaient des "progrès militaires substantiels sur le terrain", et il a encouragé l'Otan à ne pas se replier trop vite.

Il a insisté dimanche sur le maintien de forces significatives en Afghanistan en affirmant: "quelque soit la décision qu'il (le président Obama) prendra, il restera un nombre significatif de soldats en Afghanistan". "Je sais que les Américains sont fatigués de la guerre", a-t-il toutefois reconnu.

Le président américain Barack Obama a décidé d'entamer un retrait du pays à partir de l'été, mais son ampleur n'a pas encore été annoncée.

De son côté, le sénateur républicain John McCain a répété dimanche sa mise en garde contre un retrait trop rapide. "Abandonner l'Afghanistan à la merci des talibans et des islamistes radicaux serait répéter les erreurs du passé".

Vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé l'établissement de listes de sanctions séparées pour Al-Qaïda et les talibans, actuellement sur la même liste, dans l'espoir d'établir une distinction et favoriser la réconciliation en Afghanistan.

"Les Etats-Unis estiment que le nouveau régime de sanctions constituera un outil important pour promouvoir la réconciliation, tout en isolant les extrémistes", avait souligné l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice.

M. Gates doit quitter ses fonctions d'ici la fin du mois, après quatre ans et demi passés au Pentagone. Il devrait être remplacé par l'actuel directeur de la CIA, Leon Panetta.
 

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