ONU

Ban Ki-moon reconduit pour cinq ans à la tête des Nations unies

Ban Ki-moon a été réélu au poste de secrétaire général des Nation unies. Une reconduction que le consensuel Sud-Coréen doit davantage à ses compétences qu'à son charisme... Revue des nouveaux défis qui attendent le patron de l'ONU.

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Il rempile pour cinq ans. Le Sud-Coréen Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a été réélu, ce mardi, à son poste par l'Assemblée générale de l'ONU. Il était le seul prétendant en lice. Le 6 juin, l’annonce de sa candidature avait déjà été chaleureusement accueillie par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (France, Chine, Russie, États-Unis et Royaume-Uni) qui l’avaient assuré de leur soutien. Même si les 192 membres de l’ONU prennent part au vote, le veto de l’une des cinq puissances aurait compromis la réélection de Ban Ki-moon.

"C’est une très bonne nouvelle dont je me réjouis, avait alors réagi le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, dans un communiqué. Tout au long des cinq années écoulées, le secrétaire général a démontré un engagement sans faille au service des Nations unies, de la paix, mais aussi du développement. Il a fait preuve de courage et de détermination en période de crise […] Nous n’avons pas de doute qu’il fera preuve des mêmes qualités lors de son second mandat à la tête de l’ONU."

L'art de ne froisser personne

Un soutien français qui coule de source, à en croire Philippe Moreau Defarges, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri) : "Il n’y a pas eu de conflit majeur entre la France et Ban Ki-moon durant son premier mandat, il n’y a donc aucune raison que Paris pousse son propre candidat à la tête de l’ONU. Et puis la tradition veut qu’un secrétaire général fasse deux mandats consécutifs si le premier s’est passé sans problèmes." Au satisfecit délivré par Paris sont venus s'ajouter ceux des quatre autres membres permanents.

Mieux, "au cours de son premier quinquennat, Ban Ki-Moon a rempli ses fonctions avec sérieux et compétence. Il a surtout l’avantage d’être très consensuel. Il n’a pas voulu jouer un rôle politique comme certains de ses prédécesseurs, tel l'Égyptien Boutros Boutros-Ghali [secrétaire général de 1992 à 1996, ndlr]", poursuit Philippe Moreau Defarges.

C’est le prix de cette unanimité : alors que les cinq grandes puissances affichent parfois leurs désaccords, comme c'est le cas aujourd'hui avec la Syrie, le lisse Ban Ki-moon a toujours pris soin, au cours des cinq années de son mandat, de ne pas les froisser.

Discret sur le respect des droits de l’Homme

Ban Ki-moon a été récemment salué par les pays occidentaux pour son soutien sans faille aux mouvements du "printemps arabe". Le Sud-Coréen est en revanche souvent critiqué pour ses réticences à soulever le problème des droits de l'Homme dans des pays comme la Chine. Il n’a, par exemple, pas dit un mot sur l’arrestation du dissident chinois Ai Weiwei, en avril. On a également reproché à l’ONU d'avoir sciemment dissimulé le bilan des victimes de l’offensive de l’armée sri-lankaise contre les Tigres tamouls, en 2009, et de n’avoir pas fait suffisamment pression sur la junte au pouvoir en Birmanie.

Autres ombres au tableau de Ban Ki-moon : l'échec des négociations sur le climat ou encore les blocages dans le dossier du nucléaire nord-coréen. Des ratés qui ne semblent pas rédhibitoires aux yeux des grandes puissances. D'autant que ce mandat peut être celui de la seconde chance...

"Maintenant qu'il va être débarrassé du fardeau d'avoir à rechercher des appuis pour sa réélection, nous espérons qu'il aura plus de temps libre pour se battre pour les droits de l'Homme partout dans le monde", déclare Philippe Bolopion, directeur de Human Rights Watch auprès de l'ONU, à New York. Ban Ki-moon a cinq ans pour lui donner raison.

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