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Le milliardaire Mikhaïl Prokhorov veut briser le "monopole" du parti de Vladimir Poutine

L'homme d'affaires russe Mikhaïl Prokhorov a pris la tête de la formation Cause juste, qui entend mettre un terme au monopole du puissant parti Russie unie de Vladimir Poutine. Une initiative que les opposants pensent être orchestrée par le Kremlin.

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AFP - Le milliardaire russe Mikhaïl Prokhorov a pris samedi la tête du parti de droite libérale Cause Juste avec l'objectif affiché de gagner les législatives de décembre et briser le monopole du parti du puissant Premier ministre Vladimir Poutine.

Prokhorov a été élu à la quasi-unanimité au cours d'un congrès extraordinaire du parti qui était retransmis en direct par la télévision publique, une chose inimaginable pour des opposants radicaux comme l'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov ou le champion du monde d'échecs Garry Kasparov.

Dans son discours au congrès, l'homme d'affaires de 46 ans a déclaré que son objectif était de faire entrer le parti au Parlement et mettre un terme au "monopole" de Russie unie, parti du Premier ministre Vladimir Poutine ultra majoritaire à la Douma (chambre basse).

"Nous devons agir comme un parti au pouvoir responsable", a déclaré M. Prokhorov. "Nous devons entrer au Parlement. Dans un avenir proche comme le parti numéro deux, à terme comme numéro un", a-t-il poursuivi.

"Avons-nous un système de multipartisme en Russie? Bien sûr que non. Il faut qu'il y ait au moins deux partis au pouvoir", a-t-il souligné. "Le monopole politique est notre principal adversaire. On peut apprendre même dans des manuels scolaires qu'un monopole est ennemi de tout développement", a-t-il dit.

Il a par ailleurs exprimé son soutien à l'ex-magnat Mikhaïl Khodorkovski emprisonné en 2003 et dont la peine avait récemment été prolongée jusqu'à 2016, estimant qu'il n'y avait "aucune raison" pour le garder en prison.

S'il est le premier homme d'affaires à se lancer en politique depuis le fiasco de Khodorkovski, dont la tentative de s'opposer à Vladimir Poutine s'était terminée par son arrestation et sa condamnation à une longue peine de prison, Prokhorov semble, lui, agir avec la bénédiction des autorités.

Il a insisté samedi sur le fait que son parti, qui se présente comme "pro-réformes", ne voulait pas être dans l'opposition.

"La plupart des positions de Prokhorov me sont proches", a aussitôt réagi Arkadi Dvorkovitch, conseiller économique du président Dmitri Medvedev sur le réseau de micro-blogs Twitter.

Le quotidien des affaires Vedomosti affirme que le milliardaire avait discuté séparément avec le président Dmitri Medvedev et le Premier ministre Vladimir Poutine avant d'accepter de diriger le parti.

Samedi, M. Prokhorov n'a pas hésité à afficher ses ambitions politiques en n'excluant ni d'être candidat à la présidentielle de 2012 ni de devenir Premier ministre. Sans trop convaincre. Les opposants radicaux qui ont vu refuser cette semaine l'enregistrement de leur parti ont qualifié l'entrée de Prokhorov en politique de "projet du Kremlin".

"M. Prokhorov a dit que la Cause Juste n'est pas de l'opposition (...) en admettant ainsi que ce n'est rien d'autre qu'un projet du Kremlin", a déclaré l'ancien député et opposant Vladimir Ryjkov cité par l'agence Interfax. "Il n'ont aucun avenir politique", a-t-il estimé.

Pour l'analyste indépendant Stanislav Belkovski "le Kremlin a l'intention de faire en sorte que ce parti franchisse la barre de 7% pour entrer à la Douma alors que sa cote de popularité est d'1%".

"Le but est de créer dans la politique russe le prétendu pôle libéral face au prétendu pôle conservateur" représenté par Russie unie, écrivait M. Belkovski dans un éditorial vendredi au quotidien populaire Moskovski Komsomolets.

A la tête de la société d'investissements Onexim, dont les intérêts vont de l'industrie minière aux nouvelles technologies, en passant par les médias et la banque, M. Prokhorov est en troisième position dans la liste des hommes les plus riches de Russie selon le magazine Forbes, avec une fortune de 18 milliards de dollars.
 

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