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Un sommet de la "dernière chance" pour sauver la Grèce... et la zone euro ?

Les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro se réunissent pour trouver un accord sur les modalités d’une aide à la Grèce, ce jeudi. Au-delà, les économistes avertissent que c'est l’avenir de la zone euro qui est en jeu.

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Les dirigeants des 17 États membres de la zone euro se réunissent ce jeudi pour un sommet extraordinaire - baptisé de "la dernière chance" - afin de trouver un accord sur les modalités d’aide à la Grèce. Ces derniers devraient discuter du plan élaboré dans la nuit de mercredi à jeudi par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, dont les contours n’ont pas été rendus publics.

Sommet de la "dernière chance" certes, mais pour qui ? La Grèce d'abord, qui ne peut pas attendre plus longtemps le résultat d'une réunion au cours de laquelle elle espère obtenir une rallonge financière internationale pour rembourser ses dettes. "Il est impossible à la Grèce d’emprunter l’argent dont elle a besoin pour rembourser ses créanciers sur les marchés à cause des taux d’intérêt trop élevés", expliquait un peu plus tôt dans la semaine à FRANCE 24 Céline Antonin, spécialiste de la Grèce à l’Office français des conjonctures économiques (OFCE). Athènes a besoin de plus de 100 milliards d’euros pour honorer ses dettes.

L’Euro menacé

Reste cependant que l’enjeu du sommet dépasse le seul cas grec. "Le risque de contagion à l’Italie puis à d’autres pays est réel et sans une solution pérenne pour la Grèce, c’est toute la zone euro qui est menacée", avertit ainsi Agnès Benassy-Queré, directrice du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii). "La Grèce n’est qu’un prétexte car si les membres de la zone euro n’arrivent pas à la sauver, les marchés se diront, à raison, que l’Europe est incapable de venir en aide à d'autres pays en difficultés comme l’Irlande ou le Portugal", renchérit pour sa part Julia Cagé, économiste à l’École d’économie de Paris.

De la réussite ou de l'échec de ce sommet extraordinaire dépend donc la stabilité de toute la zone euro. "Un échec serait catastrophique et menacerait la monnaie unique", résume ainsi Agnès Benassy-Queré. "Les dirigeants européens se réunissent, en fait, sous la pression des marchés, et pas seulement à la demande de la Grèce", souligne Julia Cagé. Sans véritable accord en effet, le scénario catastrophe se précise : les taux d’intérêts auxquels les autres pays fragilisés empruntent vont s’envoler, ils ne pourront plus se financer sur les marchés et auront donc besoin d’une nouvelle aide internationale. Et l’Europe risque très vite de se retrouver à court d’argent pour soutenir ses économies en danger.

Pas de demi-mesures

Reste à trouver une solution qui rassurerait les marchés. "Le sommet ne peut pas se contenter de demi-mesures", avertit Julia Cagé, qui estime que renouveler les créances accordées par les investisseurs privés ou simplement prêter l’argent dont la Grèce a besoin n’est pas suffisant. "Cela ne ferait que repousser l’échéance", explique-t-elle. La seule solution, c'est de faire un premier saut vers une Europe économique plus fédérale", assure-t-elle. "Les pays de la zone euro doivent se décider à mutualiser les dettes à un niveau européen", confirme Agnès Benassy-Queré. Concrètement, cela signifie que les marchés n’achèteraient plus de dette grecque, italienne ou autre, mais des bons directement émis par la Banque centrale européene (BCE).

Le sommet extraordinaire prévu cet après midi à Bruxelles est donc également crucial pour l’avenir de la construction européenne. "Ce n’est pas qu’un sommet technique pour savoir comment aider la Grèce. C'est aussi et surtout un sommet qui doit montrer que les dirigeants européens sont à la hauteur de l’enjeu", conclut Julia Cagé.

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