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Les responsables politiques français choisissent des vacances "modestes et familiales"

Ce lundi a eu lieu le dernier Conseil des ministres avant la traditionnelle trêve politique estivale. Pour le politologue Stéphane Rozès, présidentiables et membres du gouvernement n'auront droit qu'à des "semi-vacances".

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Promenade, lecture ou sport, le tout en France et en famille : rien d'exubérant, cette année, au programme des vacances des responsables politiques. Le dernier Conseil des ministres, qui s'est tenu ce lundi matin, a sonné le début de la traditionnelle trêve estivale. "Cette période est un moment de relâche dans le calendrier politique, mais la crise internationale et la situation pré-électorale font que les politiques vont continuer à suivre l'actualité de très près, estime Stéphane Rozès, président de la société Conseils, Analyses et Perspectives (CAP) et professeur à Sciences Po et HEC. Pour les gouvernants et les présidentiables, ce ne sont que des semi-vacances. Ils en profitent pour se reconstituer, mais c'est aussi un temps de réflexion et de préparation."

Les membres du gouvernement partent d'ailleurs avec des instructions claires : ils ont droit au "repos" mais pas aux "vacances", et se doivent d'être "particulièrement attentifs et vigilants sur leurs secteurs d'intervention". "[Nicolas Sarkozy] a rappelé que les ministres ne prennent pas de vacances, ils sont toujours en responsabilité, 365 jours par an", a déclaré début juillet la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse. Le président français entend montrer l'exemple : il rejoint la résidence familiale de son épouse Carla Bruni-Sarkozy au cap Nègre, dans le Var, avec "des dossiers sous le bras". Bien loin du yacht de luxe de son ami l'homme d'affaires Vincent Bolloré ou des États-Unis, où il avait passé un séjour très médiatisé en 2007...

La Corse, la Creuse, la Bretagne...

La Corse pour le ministre du Travail Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé et le ministre de la Défense Gérard Longuet ; le Pays Basque pour le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire ; le Cotentin pour la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet ; la Côte d'Azur pour la ministre des Sports Chantal Jouanno ; la Creuse pour le ministre des Finances François Baroin... Cet été, seuls quelques membres de la majorité quitteront la France : le Premier ministre François Fillon et la ministre de l'Emploi et de la Santé Nadine Morano pour l'Italie, et Laurent Wauquiez, en charge de l’Enseignement supérieur, pour la Belgique. Éric Besson, ministre de l'Industrie, n'a pas confirmé s'il se rendrait, comme d'habitude, en Tunisie.

Cet hiver, la chef de la diplomatie française Michèle Alliot-Marie avait été contrainte à la démission après des vacances passées en Tunisie, quelque temps avant le déclenchement du mouvement de contestation au régime Ben Ali, au cours desquelles elle avait voyagé à bord de l'avion d'un proche de l'ancien président. Le séjour de François Fillon en Égypte, financé en partie par le régime de l'ancien président Hosni Moubarak lors des mêmes vacances de Noël, avait également suscité la polémique.

"Ces affaires récentes ont incité la majorité à mettre de l'ordre dans ses vacances, précise Stéphane Rozès. Mais au-delà même des instructions du chef de l'État, le climat d'inquiétude et la situation de crise qui existent dans le pays encouragent les politiques à la retenue et à choisir des vacances modestes et familiales. Les Français, très critiques à l'égard du personnel politique, ne comprendraient pas qu'ils passent des vacances luxueuses ou dans des pays étrangers aux régimes non démocratiques."

Vacances studieuses pour les candidats socialistes

Les socialistes affichent eux aussi des vacances studieuses. Martine Aubry se rend en Bretagne avec des "devoirs de vacances", François Hollande est depuis quelques jours dans les Landes et Arnaud Montebourg restera dans son fief de Saône-et-Loire...

Si cette trêve politique estivale se déroule peu ou prou de la même manière dans tous les pays européens, Stéphane Rozès estime qu'elle prend une dimension particulière en France. "Ici, le métier d'homme politique est très prenant et fatigant, c'est un sacerdoce, explique-t-il. Il faut bien distinguer la politique, qui a un caractère sacré et se trouve au cœur de la société, des critiques à l'égard des hommes et des femmes politiques. De ce fait, cette période de relâche est sans doute plus visible, plus apparente en France que dans d'autres pays européens, en raison de ce statut du politique."

La rentrée est prévue le 24 août, date du prochain Conseil des ministres. La candidate à la primaire socialiste Ségolène Royal a elle déjà fait savoir qu'elle reprendrait ses déplacements à la "rencontre des Français" dès le 15 août... En pleine période pré-électorale, cette rentrée 2011 devrait être chargée, sur le front social mais aussi international. "Les politiques sont très inquiets et mobilisés par rapport à la situation financière des États-Unis et la crise de la dette en Europe ; la France est aussi relativement exposée en raison des opérations militaires qu'elle mène dans plusieurs pays [et notamment en Libye, ndlr]", détaille Stéphane Rozès. Autant de sujets qui pourraient obliger les responsables du gouvernement à interrompre leur "repos".

 

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