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Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne la répression en Syrie

Pour la première fois depuis le début du soulèvement en Syrie en mars, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné la répression des manifestations par le régime de Damas. Le Liban, voisin, s'est désolidarisé de la déclaration.

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AFP - Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi, après plusieurs semaines de blocage, une déclaration "condamnant" la répression des manifestations d'opposants par les autorités syriennes.

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La déclaration "condamne les violations généralisées des droits de l'homme et l'usage de la force contre les civils par les autorités syriennes" qui auraient déjà fait près de 1.600 morts.

C'est la première fois que le Conseil de sécurité se prononce sur la Syrie depuis le début des manifestations contre le régime de Bachar al-Assad le 15 mars.

Juste après le vote, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a qualifié d'"extrêmement choquante" la violence avec laquelle le gouvernement syrien réprime le mouvement de contestation et a salué la déclaration du Conseil, y voyant un "message clair de la communauté internationale" en direction de M. Assad.

Le président syrien refuse de répondre aux coups de téléphone du chef de l'ONU, mais Ban Ki-moon a indiqué qu'il allait de nouveau tenter de parler avec lui.

L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, a pour sa part constaté que la déclaration était un message "important et fort", qui "aurait dû être envoyé il y a longtemps".

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Elle a toutefois rappelé que les Etats-Unis souhaitaient "une condamnation claire et explicite des autorités syriennes pour les atrocités commises contre leur propre peuple, et c'est ce que nous avons eu, donc nous sommes satisfaits".

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé avait également salué tout de suite après le vote de la déclaration "un tournant dans l'attitude de la communauté internationale", constatant que le texte "est le fruit des efforts que nous avons conduits depuis le début des événements en Syrie avec nos partenaires".

Son homologue britannique William Hague a également salué le texte et dénoncé la réaction "inacceptable" de Bachar al-Assad aux récentes manifestations.

Un diplomate libanais à l'ONU a indiqué après l'adoption du texte que son pays, membre du Conseil de sécurité mais entretenant des relations complexes avec son voisin syrien, se "désolidarisait" de la déclaration qui, selon lui, "n'aiderait pas" à mettre fin à la crise.

Les villes syriennes où ont eu lieu des manifestations
En rouge, les villes où ont eu lieu les plus importantes manifestations et répressions depuis le 15 mars.

Cette déclaration, moins contraignante qu'une résolution, ne comprend aucune référence à une enquête du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur la répression menée par le gouvernement syrien, comme l'avaient réclamé la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Portugal.

Elle souligne néanmoins que "les responsables des violences devront rendre compte de leurs actes".

Elle demande en revanche aux autorités syriennes de "mettre immédiatement fin à toutes les violences" et les exhorte à "respecter pleinement les droits de l'homme et à se conformer aux obligations que leur impose le droit international".

La déclaration réclame enfin que le régime de Bachar al-Assad "remédie à la situation qui règne sur le plan humanitaire dans les zones en crise" et "coopère pleinement" avec le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme.

Depuis des semaines, les 15 membres du Conseil de sécurité ne parvenaient pas à s'entendre sur la réaction à adopter face à la crise en Syrie.

Un projet de résolution déposé par la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, le Portugal, et appuyé par les Etats-Unis, s'était heurté à la menace de veto de la Russie et de la Chine. Soutenues par plusieurs autres pays comme le Brésil et l'Inde, la Chine et la Russie craignaient que cela n'entraîne une intervention militaire, comme ce fut le cas en Libye.

L'aggravation des violences le week-end dernier, et les informations faisant état de chars gouvernementaux encerclant Hama, l'un des bastions de la contestation, ont finalement poussé dans le sens d'un accord, obtenu après trois jours de discussions au siège de l'ONU à New York.

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