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L'activiste Anna Hazare et des milliers de manifestants interpellés à New Delhi

Mardi, la police indienne a interpellé plusieurs milliers de manifestants anti-corruption, dont Anna Hazare, un activiste de 74 ans qui voulait entamer une grève de la faim selon la méthode du "jeûne jusqu'à la mort", inspirée du Mahatma Gandhi.

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AFP - La police indienne a arrêté mardi plus d'un millier de manifestants anticorruption et un activiste de 74 ans qui voulait entamer une grève de la faim jusqu'au durcissement d'un projet de loi en cours d'examen, une nouvelle affaire explosive pour le gouvernement.

Depuis des mois, des activistes radicaux utilisent la méthode du "jeûne jusqu'à la mort", inspirée du Mahatma Gandhi, comme moyen de pression politique. Le fort intérêt populaire et médiatique a surpris le gouvernement, qui tente désormais de désamorcer chaque initiative.

Anna Hazare a été arrêté mardi matin à son appartement de New Delhi par des policiers en civil et placé en détention provisoire. Il a été emmené dans une voiture banalisée, sous les huées d'une foule de partisans venue le soutenir avant son jeûne qui devait débuter dans un parc de la ville.

La veille, la police lui avait interdit d'entamer sa grève de la faim illimitée au motif que le parc n'était disponible que trois jours. Mais le militant avait campé sur ses positions.

"Nous avons placé M. Hazare en détention provisoire jusqu'à ce soir et nous déciderons ensuite de ce que nous allons faire de lui", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police, Rajan Bhagat.

Le ministre de l'Intérieur, P. Chidambaram, a indiqué que "1.200 à 1.300" manifestants avaient ensuite été interpellés car ils ne respectaient pas les consignes de la police concernant le nombre de personnes autorisées à se rassembler dans le parc, ne devant pas excéder 5.000.

Assurant que ce n'était pas l'interdiction "d'une manifestation pacifique", il a affirmé que la police permettrait aux militants de manifester "s'ils respectent les conditions".

M. Hazare, ardent admirateur de Gandhi avec qui il partage une certaine ressemblance physique, a entamé son jeûne en détention, ont assuré ses partisans. La police n'a pas confirmé cette information.

Cet homme avait déjà défrayé la chronique en avril en poursuivant sous les flashs des caméras un jeûne de 98 heures qui avait réussi à faire plier le gouvernement pour que des membres de la société civile participent à la rédaction d'un projet de loi durcissant la législation anti-corruption.

Mais après avoir trouvé trop laxiste le texte final, en cours d'examen au parlement, il a décidé de récidiver.

Le projet de loi stipule que les citoyens pourront s'adresser à un médiateur pour déposer plainte contre des faits de corruption impliquant des fonctionnaires ou des ministres du gouvernement central, actuellement protégés par la loi.

Le Premier ministre et les plus hauts membres de la hiérarchie judiciaire seront toutefois exemptés d'enquête, ce qui a provoqué la colère de l'opposition et de militants.

Mais pour B.G. Verghese, chroniqueur politique pour plusieurs médias et professeur associé au Centre de recherche en politique à New Delhi, cette tactique du jeûne est profondément anti-démocratique.

"Aucun groupe, aucun individu ne peut dicter au parlement ce qu'il doit faire ou alors on est dans un Etat fasciste. Gandhi utilisait le jeûne dans un contexte politique tout à fait différent, où la liberté de la presse n'existait pas et dans une société non démocratique", a-t-il dit à l'AFP.

Selon lui, "le soutien populaire que reçoit M. Hazare est un soutien émotionnel. Mais le gouvernement ne peut pas autoriser le suicide".

Depuis des mois, le gouvernement est englué dans des scandales de corruption, le plus retentissant étant celui lié à une vente de licences de téléphonie mobile par l'ancien ministre des Télécommunications qui aurait fait perdre au Trésor une somme allant jusqu'à 40 milliards de dollars (27,8 mds d'euros).

Les forces de l'ordre avaient déjà fait avorter une grève de la faim lancée à grand bruit en juin par un célèbre gourou du yoga, Baba Ramdev.
 

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