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LIBYE

Pour les rebelles, l'après-Kadhafi n'est plus très loin

5 min

Le représentant du Conseil national de transition (CNT) libyen en France est clair : la victoire de la rébellion contre les forces kadhafistes ne fait plus de doute. Les jours de Mouammar Kadhafi à la tête du pays sont comptés.

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"La Libye de demain" : Mansour Saïf al-Nasr n’a que ces mots à la bouche. Pour ce représentant du Conseil national de transition (CNT) de Libye en France, interviewé par France 24, la victoire de l’insurrection libyenne sur les forces de Mouammar Kadhafi ne fait pas de doute. Ce n'est à leurs yeux plus qu’une question de jours.

"La victoire est proche, nos combattants, qui sont toujours sous le joug de la dictature de Kadhafi à Tripoli, ont décidé que la fin du ramadan serait célébrée en même temps que notre victoire", affirme-t-il, non sans optimisme, au cours d'un entretien sur l’antenne de France 24, ce mercredi.
 

"On gagne du terrain chaque jour, bien que l’ennemi ne respecte aucune règle et plante ses chars, ses armes lourdes, et ses mines dans les écoles, les hôpitaux, les jardins ou même les maisons privées", avançait-il déjà, le 10 août, toujours sur France 24.
 
Les rebelles libyens estiment qu'après une série de succès militaires contre les troupes du Mouammar Kadhafi, ils sont désormais dans l’ultime phase du combat. Selon l’AFP, les insurgés ont annoncé lundi dernier contrôler la "majeure partie" de Zawiyah, à 40 km à l'ouest de Tripoli, ainsi que Gharyane, à 50 km au sud de la capitale, et Sorman, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Tripoli. Les combats ont provoqué la mort de 23 personnes à Zawiyah et de 15 autres dans la ville de Brega, dans l'Est.
 
Prochaine étape pour les rebelles : Tripoli
 
Des victoires militaires qui les placent aux portes de Tripoli. Selon le représentant du CNT Mansour Saïf al-Nasr,  l’insurrection libyenne y bénéficie du soutien de combattants qui attendent dans la capitale de prêter main forte aux troupes de la rébellion.
 
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"La capitale, qui s’était révoltée au début [des mouvements de révoltes, en février dernier, NDLR], a été matée par les avions et les chars de Kadhafi. Mais maintenant, les choses ont changé", affirme Mansour Saïf al-Nasr. Et le représentant du CNT de poursuivre : "Nous sommes en contact avec nos compatriotes de Tripoli qui nous expriment leur soutien. Des hommes originaires de Tripoli progressent avec leurs frères [d'armes], et les habitants de la capitale les attendent".
 
Cet optimisme est partagé par Washington - pour la secrétaire d'État Hillary Clinton, "il devient de plus en plus clair que les jours de Mouammar Kadhafi sont comptés " - et par l'Otan qui considère que l'envoi, dimanche dernier, d'un missile balistique "de type Scud" contre des lignes rebelles par les forces pro-Kadhafi était un geste "irresponsable" et "désespéré" de la part du régime en place.
             
Des négociations secrètes entre le régime et la rébellion ?
 
Le conflit serait également entré dans une phase décisive à Djerba, théâtre de discrètes négociations depuis dimanche. L'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Abdul Ilah al-Khatib, a quitté la Tunisie mardi au terme d'une visite de 24 heures au cours de laquelle il aurait rencontré des représentants libyens lors de négociations entre rebelles et pro-Kadhafi.
 
Selon plusieurs sources concordantes, des pourparlers secrets se seraient déroulés dimanche à Djerba impliquant, selon les services secrets tunisiens, des membres du Conseil national de transition. L’information a été corroborée par une radio locale tunisienne.

Pourtant, rien ne permet d'avoir des certitudes sur la nature de ces tractations, ni sur les protaganistes concernés. Dans un communiqué, l’ONU dément toute participation de son émissaire à des pourparlers sur l'île de Djerba : "Abdul al-Khatib est arrivé en Tunisie pour des consultations avec des responsables tunisiens."
 
De son côté, le CNT nie catégoriquement toutes formes de négociations avec les forces de Mouammar Kadhafi. "Nous n’avons personne en ce moment qui négocie avec M. al-Khatib. Mais la Libye du CNT est une Libye libre. Les gens sont libres de se déplacer, libres de parler avec qui ils veulent. Alors peut-être qu’il y a des personnes qui négocient avec lui, mais ils ne représentent qu’eux-mêmes", a affirmé sur France 24 Mansour Saïf al-Nasr.
 
L’après Kadhafi : une "Libye libre et démocratique"
 

Pour mettre un terme définitif aux combats qui sévissent en Libye depuis près de six mois, la CNT n’a qu’une exigence : le départ du Colonel Kadhafi et de sa famille.
 
"[Mouammar Kadhafi] peut partir où il veut. S’il veut rester, nous garantissons que la justice de demain sera libre et équitable. Pour le moment, s’il veut sauver des vies humaines, il n’a qu’à partir", estime Mansour Saïf al-Nasr. Une déclaration qui vient cependant contredire ces propos : la semaine dernière, ce dernier déclarait que si Kadhafi devait décider de rester, "rien ne pourrait garantir sa sécurité après tous les crimes qu’il a sur les mains."
 
En cas de chute du régime, le CNT s'est engagé à quitter le pouvoir huit mois au plus tard après la chute du colonel Kadhafi. La rébellion libyenne a défini une "déclaration constitutionnelle" qui prévoit de remettre le pouvoir à une assemblée élue dans un délai de huit mois maximum et l'adoption d'une nouvelle Constitution.
 
"La Libye de demain sera libre, démocratique, avec des élections transparentes, une justice sociale, le respect des droits de l’homme et des citoyens. Kadhafi a divisé pour mieux régner, mais la Libye de demain ne sera pas divisée", promet le représentant du CNT, Mansour Saïf al-Nasr.
 

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