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"L'arrivée de combattants kadhafistes renforce l'instabilité du Sahel"

Une conférence se tient actuellement à Alger avec les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU et les voisins du Sahel. Objectif : pacifier cette région menacée d’instabilité croissante depuis l'arrivée de combattants kadhafistes.

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Immigrations clandestines, trafics d’armes, alliances avec Al-Qaïda… Le retour au Sahel d'anciens combattants armés de Mouammar Kadhafi menace la sécurité dans cette région déjà confrontée au terrorisme. Ces quelque 8 millions de kilomètres carrés partagés entre la Libye, l'Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie, sont au cœur d’une conférence de deux jours à Alger à laquelle participent entre autres les États-Unis, l’Union européenne, les pays sahéliens - excepté la Libye - et des experts de la lutte antiterroriste afin de trouver une stratégie de pacification.

Que peut-on attendre de cette conférence ?

Il va surtout être question de sécurité et d’échanges de renseignements. Mais la stabilisation de la région passe par son développement économique et un soutien à la population du Sahel, où les 10 millions d’habitants sont touchés par la famine. L'Union européenne a d’ailleurs chiffré son aide globale pour la région à 650 millions d'euros tant pour des programmes de développement que pour la formation et l'aide militaires.

Selon Pierre Vermeren, historien et spécialiste des sociétés maghrébines à l’université Paris-Sorbonne, c’est surtout l’occasion pour l’Algérie, qui avait misé sur le maintien de Kadhafi, de tourner la page. "Après avoir été mise sur la touche dans le conflit libyen, elle entend se remettre dans le jeu", indique-t-il. Surtout que le pays contrôle 25 % du Sahara. Maintenant que les cartes ont été rebattues dans la région, Alger veut redevenir incontournable dans les relations avec les États-Unis, l’Union européenne, et ses pays voisins. "En revanche, les relations Algérie-Libye vont se compliquer", ajoute-t-il.

Le Sahel est-il devenu "une poudrière" ?

Le ministre nigérien des Affaires étrangères Mohamed Bazoum a ouvert la conférence mercredi en déclarant que la crise libyenne, qui a favorisé la circulation d'armes et de réfugiés ou déplacés, a transformé le Sahel “en poudrière”.

"L'arrivée de Kadhafistes pourvus d'armes et d'argent, ne fait qu’accroître l’instabilité de la région", affirme Paul Vermeren. Mais la situation était déjà difficilement contrôlable avec la présence d’Aqmi." Ses membres pourraient profiter de la circulation des armes de la filière libyenne.

Qui sont ces réfugiés ?

Des mercenaires et des anciens Touaregs de l'armée régulière libyenne ayant franchi ces dernières semaines les frontières maliennes et nigériennes. Leur nombre est estimé à environ 600, selon un responsable sécuritaire malien cité par l’AFP. Ces anciens combattants sont armés et peuvent vendre leurs munitions ou les utiliser. Ils peuvent "former ‘une armée du Sahel’ capable de résister à n'importe quel Etat" de cette région où certains pays sont moins équipés que les trafiquants qui traversent leurs frontières poreuses, affirme le politologue malien Moussa Diallo à l’AFP.

L’Aqmi peut-il se renforcer et embraser le Sahel ?

L’Aqmi pourrait profiter pour l’instant de l’arrivée des anciens combattants en récupérant des armes lourdes et des mitrailleuses. L'Union européenne et les États-Unis ont publiquement exprimé leur préoccupation à ce sujet, contrairement à la France. "Au-delà de la parole politique, la France a peut-être fait le calcul qu’Al-Qaïda et Kadhafi ne sont pas compatibles", commente Pierre Vermeren. Mouammar Kadhafi a en effet pendant longtemps financé le Sahel pour lutter contre le terrorisme et l’Aqmi.

 

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