COUPE DU MONDE DE RUGBY 2011

Quel visage la France va-t-elle afficher en Nouvelle-Zélande ?

Alternant le bon et le moins bon depuis 4 ans, le XV de France fait ses grands débuts en Coupe du monde, ce samedi, contre le Japon. Une compétition qu'il aborde avec l’ambition de remporter le premier trophée mondial de son histoire.

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À l'heure de faire son entrée dans la Coupe du monde de rugby, ce samedi, contre le Japon, le camp français ne manque pas d'ambition. "On vient pour gagner la Coupe du monde", a ainsi prévenu le manager du XV de France, Jo Maso, la semaine dernière, lorsque les Bleus sont arrivés à l'aéroport d'Auckland. En revanche, des certitudes, l'équipe dirigée par Marc Lièvremont en a beaucoup moins... 

Certes, la compétition - qui en est à sa septième édition -, réussit plutôt bien à l'équipe tricolore depuis sa création en 1987. Bien que les Bleus ne l’aient encore jamais gagnée, ces derniers en ont toujours atteint au moins les demi-finales - sauf en 1991 - et en ont été finalistes à deux reprises, en 1987 et 1999.

Pour le XV tricolore cependant, la route qui mène au trophée Webb Ellis, remis au vainqueur de la compétition, n’a jamais été aussi semée d’embûches que cette année. Le tirage au sort des phases de poules n’a, en effet, pas gâté les Bleus. S'ils entament la compétition par deux matchs contre des adversaires réputés être les plus faibles du groupe - le Japon le 10 septembre et le Canada le 18 -, ils feront ensuite figure d'outsiders face aux All Blacks, hôtes et grands favoris du tournoi, le 24, avant de défier la sélection des îles Tonga le 1er octobre... Une rencontre qui s'annonce d'ores et déjà décisive pour décrocher la deuxième place du groupe, synonyme de qualification pour les quarts de finale.

S'ils en arrivent là, les Bleus devraient ensuite, en toute logique, retrouver l’Argentine ou l’Angleterre, deux nations qui ne leur réussissent généralement pas. En 2007, la France, pourtant à domicile, avait essuyé deux défaites contre les Pumas et avait été éliminée par ses voisins d’outre-Manche.

Le chaud et le froid

Toute la question est donc de savoir si, cette année, les Français sont armés pour renouveler leurs performances passées en Coupe du monde. La réponse est difficile. Depuis la prise de fonction de Marc Lièvremont, le sélectionneur des Bleus, au lendemain du Mondial disputé dans l’Hexagone en 2007, le XV de France est passé par des hauts et des bas. Il y a eu la grande victoire contre la Nouvelle-Zélande à Dunedin, en 2009 (22-27) et le Grand Chelem dans le Tournoi des VI-Nations, au printemps 2010. Mais il y a eu aussi cette mémorable raclée que lui a infligée l'Australie lors de sa visite à Paris, quelques mois plus tard (16-59), ou encore cette défaite historique contre le petit poucet du Tournoi des VI-Nations, l’Italie, à Rome, en mars dernier (21-22).

Depuis l'arrivée de Marc Lièvremont, l'encadrement des Bleus semble avoir par ailleurs bien des difficultés à composer une équipe-type. Pendant ses quatre années de mandat, le sélectionneur du XV de France a en effet testé pas moins de 82 joueurs. Finalement, 30 ont été retenus pour le voyage en Nouvelle-Zélande, dont un, le jeune 3e ligne Raphaël Lakafia, qui n’avait jamais été appelé en Bleu.

Conséquence : pour le premier rendez-vous du Mondial des tricolores, Marc Lièvremont a décidé d'aligner son "équipe-type du moment" plutôt que de s'appuyer sur un groupe de 15 titulaires auquel il accorderait sa confiance pendant toute la durée de la compétition. "On retrouve la trame de l'équipe alignée à Bordeaux [lors du match de préparation France - Irlande, le 13 août, victoire 19-12, NDLR], à trois ou quatre éléments près. Mais ce n'est pas forcément celle qui jouera en quarts de finale si jamais on se qualifie", précisait-il en dévoilant la liste des joueurs retenus pour affronter la sélection nippone.

Enfin, des incertitudes planent encore sur le style de jeu que le XV de France va développer tout au long de la compétition. Marc Lièvremont avait en effet l’ambition de bâtir une équipe pour produire un jeu de passes rapide et spectaculaire. Mais le sélectionneur a obtenu ses meilleurs résultats lorsque les joueurs se sont montrés les plus rugueux dans l’épreuve physique, quitte à être moins flamboyants aux yeux du public.

Les Bleus souffleront-ils le chaud ou le froid au Mondial ? Premiers éléments de réponses dès samedi à 8 heures, heure de Paris.

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