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Intelligence économique

Cartographie : les conflits économiques de demain

Minerais, pétrole, gaz ou matières premières agricoles : aujourd’hui tout peut être cartographié. En un clin d’œil, on peut obtenir l’état des réserves mondiales d’une matière première et savoir où on la trouve. Le journal de l’Intelligence Economique d’Ali Laïdi s’est intéressé à ceux qui fabriquent les cartes qui annoncent les conflits économiques de demain.

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La cartographie est à la mode. Dans la recherche, l’édition ou les médias, elle est devenue un outil d’analyse de plus en plus performant. Elle permet de dessiner les grandes tendances actuelles mais aussi celles à venir.

C’est le travail de Virginie Raisson, auteur de l’ "Atlas des Futurs du Monde" paru en 2011 aux Editions Robert Laffont. La chercheuse en Relations Internationales a adopté une démarche prospective et s’interroge sur l’état du monde en 2033. A quoi ressemblera notre planète à cette date si nous ne changeons pas nos modes de vie et de consommation ? Ses conclusions sont alarmantes ! Si nous ne changeons rien, en 2050 il nous faudra deux planètes et demie pour vivre !

La démarche de la chercheuse est multiple. Elle a notamment pour objectif "d’éclairer les décisions et le débat publics ainsi que les acteurs politiques et économiques dans les grandes orientations qu’ils doivent prendre dans les prochaines années".

Le Futur, voilà de quoi il s’agit ! Le travail de cartographie de Virginie Raisson rappelle que "le futur n’est pas écrit". "On a des choix à faire et il faut les faire vite parce que certaines échéances sont très proches !".

Les échéances sont climatiques, écologiques, sociales, environnementales mais aussi – et surtout ! – économiques !

Les ressources naturelles s’épuisent et l’homme vit à crédit. Selon des études américaines, l'épuisement du fer est prévu en 2042 et le cuivre en 2044. Quand au "Peak Oil", le moment où les ressources en hydrocarbures vont commencer à diminuer, il se situe entre 2010 et 2020 si l’on en croit l'ASPO (Association of Study for Peak Oil).

Philippe Durance, professeur associé au Conservatoire National des Arts et Métiers rattaché à la Chaire de prospective et invité sur notre plateau, nuance ces données : "la diminution des ressources pétrolières est à relativiser car selon les auteurs des graphiques, les dates diffèrent". En effet les réserves potentielles peuvent varier de manière importante puisque "le prix de vente du pétrole amène les industries à chercher des réserves qui auraient été plus difficiles à exploiter auparavant". On ne va donc pas vers l’affrontement pour les ressources, estime Philippe Durance.

Avoir une idée de ces échéances grâce à la prospective, "c'est une occasion pour nous apprendre à changer nos modes de vie, à être plus attentif à l'humain", explique-t-il en citant l’exemple de Totnes, une ville anglaise où 30% des 8000 habitants se sont lancés dans des programmes de réinvention de la vie quotidienne en partant du principe qu'il n'y avait plus de pétrole.

Changer. Cela concerne aussi les entreprises qui travaillent de pair avec les prospectivistes. "Leur gros problème dans cet esprit de compétition permanente, c'est de se dégager des marges de manœuvre", explique notre invité. Certains chefs d’entreprise l’ont bien compris et sont prêts à changer leur modèle de production. " Et ce n’est pas l’abandon du système capitaliste contrairement à ce que certains peuvent dire, c’est sa mutation " , estime le prospectiviste.

Appréhender le futur pour mieux s’en saisir : la prospective est bien loin de la cartomancie et la discipline a de beaux jours devant elle. "Engageons-nous dans un futur que nous choisissons plutôt que dans un avenir que nous voudrions plus tard éviter", conclut Virginie Raisson.
 

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