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Près de 30 morts et des centaines de blessés lors de manifestations anti-Saleh

Les forces de sécurité yéménites ont tué 26 opposants au régime dimanche dans la capitale Sanaa, selon des sources médicales, alors que de nombreux manifestants réclamaient une nouvelle fois le départ du président Saleh.

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AFP - Vingt-six manifestants hostiles au président Ali Abdallah Saleh ont été tués et des centaines blessés dimanche par les forces de sécurité yéménites, tandis que d'intenses bombardements ont touché le quartier de Sanaa où réside un influent chef tribal rallié à la contestation.

"Vingt-six manifestants ont été tués ce soir", a déclaré à l'AFP Tarek Nooman, médecin dans un hôpital de campagne installé sur la place du Changement, épicentre de la contestation du régime.

Un précédent bilan, obtenu auprès des médecins, faisait état de 20 tués.

En outre, 500 personnes ont été blessées, selon Mohammed al-Abani, chef d'un hôpital de campagne à Sanaa.

Sur 342 blessés par balles, 36 sont dans un état critique, et des centaines d'autres souffrent d'inhalation de gaz lacrymogène, selon des sources médicales.

Les forces de sécurité et des civils armés ont ouvert le feu pour disperser des dizaines de milliers de manifestants, partis de la place du Changement où  des protestataires campent depuis février pour réclamer le départ de M. Saleh, pour défiler sur les rues avoisinantes, selon des témoins.

Ces forces ont tiré à balles réelles et à l'arme automatique et fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène contre les manifestants qui, après avoir passé trois barrages de forces gouvernementales, sont arrivés en milieu de soirée sur la rue al-Zoubeiri, en plein centre de Sanaa.

La foule des manifestations, cible des tirs de la police et des partisans armés du régime, répliquaient par des jets de pierre, selon des témoins.

Les protestataires ont commencé à installer des tentes sur la rue al-Zoubeiri, située à quelque 3 km de la place du Changement, pour y passer la nuit, selon des témoins et des participants.

Des affrontements ont alors éclaté entre manifestants et forces de sécurité, soutenues par des civils armés, selon les mêmes sources.

Des soldats du général dissident Ali Mohsen al-Ahmar, rallié à la contestation depuis mars, se sont déployés dans le secteur pour assurer la protection de ce nouveau sit-in, a-t-on ajouté.

Le Conseil national de la révolution a dénoncé "un massacre" et appelé dans un communiqué l'Onu et la communauté internationale à intervenir "pour mettre un terme aux crimes perpétrés par la bande de ce qui reste du régime".

Pour sa part, le comité d'organisation de la révolution des jeunes protestataires a réaffirmé que le mouvement de contestation restera "pacifique" et invité les Yéménites à sortir et à observer de sit-in "jour et nuit" jusqu'à la chute du régime.

Il a lancé un appel à des marches dans toutes les provinces du Yémen lundi pour protester contre ces violences.

Dans un communiqué, le comité a appelé à l'aide médicale et exhorté les militaires des corps fidèles au régime à la désobéissance.

Le ministère yéménite de l'Intérieur a accusé les protestataires d'avoir blessé quatre membres des forces de sécurité, lancé des cocktails molotov sur des générateurs d'électricité à Sanaa et brûlé deux véhicules des forces de l'ordre, dans des déclarations citées par la télévision d'Etat.

D'importantes manifestations ont également eu lieu à Taëz, Ibb et Dhammar, trois villes au sud de Sanaa, ainsi qu'à Saada (nord) pour protester contre les violences.

Par ailleurs, des bombardements intenses ont touché plus tôt dimanche un quartier du nord de Sanaa où se trouve la résidence de l'influent chef tribal Sadok al-Ahmar qui a rallié la contestation du régime, a annoncé une source tribale.

Au pouvoir depuis 1978, le président Saleh fait face depuis janvier à un mouvement de contestation qui a fait plusieurs centaines de morts.

En convalescence à Ryad où il a été hospitalisé le 4 juin au lendemain d'une attaque contre son palais à Sanaa, M. Saleh a chargé en début de semaine son vice-président de négocier avec l'opposition un transfert du pouvoir.

 

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