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Reporters

France, terre promise des Roms ?

Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne, la France fait face à un afflux de Roms rêvant d’une vie meilleure. Mais l’expulsion est souvent au bout du chemin. C’est le retour à la case départ. Loin d’être découragés, les Roms ne renoncent pas à vouloir vivre en France. FRANCE 24 a suivi le périple d’une de ces familles.

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Discriminés en Roumanie, les Roms ont pris la route de l’Europe de l’Ouest à la recherche d’une vie meilleure. A Barbulesti, petit village situé à une soixantaine de kilomètres de la capitale roumaine Bucarest la moitié des 7 000 Roms qui y habitent fait des allers-retours en France. C’est le cas des Duduveica. Cette famille a vécu trois ans à Boulogne-sur-Mer, ville située au nord de la France. Mais ils ont été expulsés à l’été 2010 et, depuis, ils n’ont qu’un seul rêve : retourner en France qui représente pour eux la terre promise. "J’ai vu mon père qui faisait la manche. Et ça, ce n’est pas une bonne vie. Je ne veux pas avoir la vie de mon père", lance Roméo Duduveica, l’aîné de la famille âgé de 15 ans.

La décision est prise. Les Duduveica, le père, la mère et les deux garçons, Roméo et Adrian, sont prêts pour le départ. Après avoir entassé toutes leurs affaires dans un petit sac ils prennent la route du retour en France. Peu importe la distance : 3 000 kilomètres à parcourir serrés les uns à côté des autres. Leur aventure s’achève sur la Côte d’Azur, dans le sud de la France. Après la misère de Barbulesti, la Croisette à Cannes, fait rêver. Pour les Duduveica c’est le paradis. C’est dans cette région qu’ils ont des contacts : des Roms de leur village qui s’y sont déjà installés. "Maintenant que j’ai une chance de devenir quelqu’un, je ne veux pas la rater, affirme Roméo. Ici, j’ai le moral".

Laura, la mère, sait très bien que ses deux enfants n’ont aucune chance de s’en sortir s’ils ne vont pas à l’école. L’inscription dans un établissement scolaire est sa première priorité. Avec l’aide de Richard Pfau, du réseau Education sans frontières, la famille réussit à obtenir au Secours catholique une domiciliation à Grasse, ville située sur la Côte d’Azur. C’est ici qu’ils ont trouvé un hébergement vacant, sans eau ni électricité dans la banlieue industrielle avec quatre autres familles de Barbulesti. "Il ne faut jamais perdre l’espoir, car il y a toujours des choses à faire, déclare Roméo, le sourire aux lèvres. Tant que tu es en vie et en bonne santé, tu peux toujours t’en sortir".

Guidés par Richard Pfau, les Duduveica arrivent à obtenir un rendez-vous avec le principal du collège Saint Hilaire à Grasse. En moins d’une heure les enfants sont inscrits dans cette école et la famille est plus tranquille. En effet, devant les autorités, le dossier des Duduveica, en cas d'arrestation, peut sembler plus favorable.

Les Duduveica ont gagné leur pari. Les parents ont misé sur leurs enfants pour s’ouvrir les portes de la France. Pour eux, une autre vie est désormais possible, sur la Côte d’Azur.

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