Accéder au contenu principal

Koudrine, ministre des Finances, démissionne à la demande de Medvedev

Le président russe Dmitri Medvedev a accepté la démission du ministre des Finances Alexeï Koudrine (photo), qu'il avait demandée. Ce dernier avait déclaré dimanche qu'il ne participerait pas un nouveau gouvernement sous sa direction.

Publicité

AFP - L'influent ministre russe des Finances Alexeï Koudrine a été contraint à la démission par le Kremlin lundi après s'être publiquement rebellé contre le président Dmitri Medvedev.

"Le président de Russie a signé un décret concernant la démission du vice-Premier ministre et ministre des Finances Alexeï Koudrine", a annoncé le site officiel du Kremlin.

it
2011-09-26 21:10-WB FR QUESTION DU JOUR

Interrogé pour savoir s'il avait donné sa démission, M. Koudrine, qui fait figure de vétéran parmi les ministres des Finances du G8 et qui est considéré comme un proche de Vladimir Poutine, a laconiquement répondu au téléphone à l'agence Ria Novosti: "Oui".

Le scandale a éclaté dimanche lorsque M. Koudrine a déclaré en marge d'un sommet aux Etats-Unis qu'il refuserait de participer à un nouveau gouvernement sous la direction de M. Medvedev en raison de désaccords sur la politique économique et l'augmentation des dépenses militaires.

Samedi, M. Poutine a annoncé qu'il serait candidat à la présidence russe lors du scrutin de mars 2012 et proposé que M. Medvedev devienne alors son Premier ministre.

Ministre russe des Finances depuis 2000, après l'élection de Vladimir Poutine pour un premier mandat à la présidence, Alexeï Koudrine est un libéral respecté en Occident et adepte de la rigueur budgétaire.

L'ex-dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a mis en garde lundi Vladimir Poutine contre le risque d'une stagnation et l'"impasse" du pouvoir personnel, après l'annonce samedi du retour au Kremlin de l'actuel Premier ministre et homme fort du pays.

"Si le futur président ne procède à aucun changement et pense uniquement à conserver le pouvoir (...), ce sera son erreur", a averti M. Gorbatchev dans les pages du journal d'opposition Novaïa Gazeta, après l'annonce samedi de la candidature de Vladimir Poutine à la présidentielle de mars.

"Nous sommes habitués à ce que tout soit décidé à l'avance, mais nous avons tout de même l'ambition de la démocratie...", a ajouté M. Gorbatchev, initiateur dans les années 1980 de la perestroïka qui leva la chappe de plomb qui pesait sur la société soviétique.

Dans une rare saute d'humeur, le président Medvedev a posé lundi un ultimatum à son ministre: démissionner dans la journée ou confirmer sa loyauté.

"Si vous n'êtes pas d'accord avec la politique du président, que met en pratique le gouvernement, vous avez une possibilité: démissionner. Si vous estimez qu'il y a des désaccords, vous pouvez signer votre démission ici et maintenant", a déclaré lundi M. Medvedev lors d'une intervention retransmise par la télévision russe.

"De telles déclarations, d'autant plus si elles sont faites depuis les Etats-Unis sont indécentes et injustifiables", a ajouté le président qui s'exprimait lors d'une réunion à Dmitrovgrad (Volga) en présence de M. Koudrine.

"Vous pouvez prendre conseil auprès de qui vous voulez, mais tant que je suis président, c'est moi qui prend ce genre de décisions", a-t-il lancé, après que M. Koudrine eut répondu avoir l'intention d'évoquer cette question avec le Premier ministre Vladimir Poutine.

M. Medvedev avait été propulsé en 2008 à la présidence par M. Poutine (président de 2000 à 2008), qui ne pouvait briguer, selon la Constitution, un troisième mandat consécutif, et auquel il doit toute sa carrière.

La démission de Koudrine est "sans aucun doute une décision commune prise par le tandem au pouvoir", estime le politologue Dmitri Orlov.

L'ex-ministre des Finances Mikhaïl Zadornov a "profondément regretté" la démission de Koudrine l"un des membres les plus compétents du gouvernement (...) qui jouissait de la confiance des investisseurs".

"Le pays est privé de son ministre des Finances sur fond de crise économique mondiale à six mois de la présidentielle. C'est affligeant", a-t-il poursuivi.

Pour le chef du parti d'opposition Iabloko, Sergueï Mitrokhine, il pourrait s'agir d'une manoeuvre de Vladimir Poutine pour faire de M. Koudrine son futur Premier ministre.

"Poutine laisse entendre que Dmitri Medvedev n'est pas le seul candidat à la fonction de Premier ministre et s'il le faut, Alexeï Koudrine peut occuper ce poste", a-t-il déclaré à l'agence Interfax.

it
2011/09/WB_FR_NW_GRAB_RUSSIE_23H_NW486230-A-01-20110926.flv

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.