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SYRIE

Les hôpitaux, instruments de répression du régime, selon Amnesty International

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Dans un rapport publié lundi, Amnesty international dénonce l'instrumentalisation des hôpitaux par le régime syrien. Les blessés y seraient torturés, voire tués et le personnel médical subirait de graves pressions.

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Dans un rapport rendu public lundi, Amnesty International dénonce le "climat de peur" qui règne dans les hôpitaux publics syriens. L’organisation internationale y souligne en particulier les menaces qui pèsent sur les patients blessés et le personnel médical qui les soigne, souvent pris pour cible par les autorités syriennes.

"Le gouvernement a fait des hôpitaux des instruments de la répression dans sa tentative d'écrasement de l'opposition", déclare l’ONG dans son rapport de 39 pages.

"Les autorités vont rétorquer que nous ne pouvons pas prouver ce que nous affirmons puisque nous ne sommes pas sur place", analyse Cilina Nasser, spécialiste de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à Amnesty International, rappelant les nombreux refus que Damas a opposés à l’ONG qui voulait se rendre en Syrie. "Mais nous avons reçu de nombreux témoignages de blessés", explique-t-elle à FRANCE 24. "Tous font état de la même chose : des violences verbales et physiques non seulement de la part de l’armée, mais aussi du personnel des hôpitaux publics : infirmiers, médecins, et même des personnes chargés de l’entretien", relate-t-elle.

Les hôpitaux sous le joug des services de renseignement

"Le phénomène n’est pas nouveau", souligne Selim el-Meddeb, correspondant de FRANCE 24 à Beyrouth, qui a pu recueillir des témoignages similaires de Syriens réfugiés au Liban. "Depuis plusieurs mois, les hôpitaux publics sont sous la coupe des Moukhabarat, les services de renseignement du régime", explique-t-il. Selon les dires des réfugiés qu’il a rencontrés, les blessés par balles qui se rendent dans un hôpital public encourent de grands risques, "ils peuvent être torturés, disparaître, ou même être tués".

"Ces faits sont inacceptables", s’indigne Cilina Nasser qui déplore le silence des autorités. "À notre connaissance, le ministère de la Santé n’a toujours pas pris de mesure contre les personnes impliquées."

Début septembre, la chaîne britannique BBC diffusait un entretien avec un jeune syro-britannique, Danny Abdul Dayem, de retour de Syrie après avoir été blessé dans des manifestations à Homs. Il révélait déjà le danger que représentait le fait de chercher des soins dans les hôpitaux publics. "Les services de sécurité attendent les blessés dans les hôpitaux pour les achever", avait-il déclaré. "C’est pourquoi nous avons des hôpitaux dans les maisons".

Interrogé par la BBC, un syrien, blessé dans les manifestations, témoigne

Un risque sanitaire

Ainsi, de peur des conséquences d'une hospitalisation, nombre de blessés préfèrent se faire soigner dans des cliniques privées ou même dans des dispensaires de fortune que des médecins ou infirmières établissent dans leur maison, dans des conditions de précarité et d’hygiène qui rendent les risques d’infections importants.

Les médecins de l'Hôpital national de la ville de Homs, haut-lieu de la contestation contre le régime du président Bachar al-Assad, ont d’ailleurs rapporté une chute du nombre d’hospitalisations pour des blessures par balles depuis mai, alors que les violences se poursuivent.

Les blessés lors des manifestations ne sont pas les seuls à être menacés, le personnel hospitalier qui leur prodigue les soins risque également d’être "arrêté et torturé" selon le rapport de l’ONG.

"Le personnel hospitalier en Syrie est mis dans une situation impossible, forcé de choisir entre traîter les personnes blessées et préserver sa propre sécurité", ajoute l'ONG.

La répression gouvernementale du soulèvement depuis la mi-mars a fait plus de 3 000 morts, selon l'ONU.

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